Marché de Porta Portese : horaires et accès

Barnums blancs et chalands entre les étals du marché de Porta Portese, sous un grand arceau sculpté
Photo : trolvag, licence CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

Dimanche, 7 h 30, viale di Trastevere. Les barnums se déplient le long de la chaussée et les camionnettes finissent de décharger des cartons. Une heure plus tard, il faut jouer des coudes entre les portants de vestes en cuir et les caisses de tournevis. Porta Portese est le plus grand marché de rue de Rome, et il n’ouvre qu’un matin par semaine. Horaires officiels, ce qu’on y trouve, comment y arriver, et les réflexes qui évitent de rentrer avec un portefeuille en moins.

Un marché de rue né en 1945, entre piazza Ippolito Nievo et via Portuense

Le marché occupe un vaste rectangle compris entre la piazza Ippolito Nievo, la via Ettore Rolli et la via Portuense, jusqu’au viale di Trastevere. Il doit son nom à la porte du XVIIe siècle plantée juste à côté. Turismo Roma, l’office du tourisme de la ville, rappelle qu’il naît vers 1945, dans le sillage du marché noir qui se tenait auparavant à Campo de’ Fiori : on y vendait, achetait et échangeait à peu près n’importe quoi. Le principe n’a pas bougé, seul le volume a changé. Roma Capitale le présente comme l’un des plus grands marchés hebdomadaires d’Europe, et le projet de réorganisation dévoilé en juillet 2025 prévoit 840 emplacements.

Le cinéma a fixé les lieux dans les mémoires : Ladri di biciclette de Vittorio De Sica, Mamma Roma de Pasolini, I soliti ignoti de Monicelli. Claudio Baglioni en a fait une chanson en 1970. Le marché n’est pas devenu un décor pour autant : on y croise surtout des Romains venus remplacer une poignée de porte ou revendre le vélo des enfants.

Vêtements, vinyles, outils : ce que charrient les camionnettes

L’essentiel de ce qui se vend ici n’est pas alimentaire. Les portants de fripes arrivent en premier : cuirs fatigués, robes à fleurs, baskets, sacs et ceintures. Plus loin, des cartons de vinyles, des livres de poche empilés par dizaines, des cartes postales, des gravures. Les bricoleurs fouillent les caisses de vieux outils, de pièces de vélo et de luminaires ; les autres cherchent des montres ou des câbles dont personne ne connaît plus l’usage. Turismo Roma cite le dicton romain : entre les centaines de bancs, « on trouve de tout, de la pilule au Jumbo Jet ».

Porta Portese n’est pourtant pas un marché aux puces d’antiquaires, malgré sa réputation. C’est un marché de rue où le vieux mobilier voisine avec le neuf importé, la faïence ébréchée avec les coques de téléphone. Les amateurs de pièces d’époque et de brocante sérieuse se dirigent plutôt vers les brocantes et marchés aux puces de Rome, qui recensent les rendez-vous du dimanche et ce qu’on y cherche.

De 7 h à 14 h, avec le tram 8 ou le tram 3

Une ordonnance du Municipio Roma XII, la n°1 du 12 janvier 2024, entrée en vigueur le dimanche 21 janvier 2024, fixe la vente de 7 h à 14 h et le démontage des structures au plus tard à 15 h 30. À 14 h, les barnums se vident, les cageots s’empilent et les camionnettes reprennent la rue.

Le plus simple reste le tram 8, qui longe le viale di Trastevere et dessert la gare de Trastevere ainsi que l’arrêt Trastevere/Pascarella. Le tram 3 a un arrêt Porta Portese, à deux pas de la porte. Depuis la gare, comptez une dizaine de minutes à pied. La voiture n’a aucun intérêt : le quartier est saturé.

L’heure compte plus que le plan. Entre 7 h et 9 h, on circule, on discute avec les vendeurs, on voit passer les pièces intéressantes avant tout le monde. Vers 11 h, la foule devient compacte et la progression se fait au ralenti. En fin de matinée, les prix baissent parfois sur les invendus, mais le meilleur est déjà parti.

Pickpockets, marchandage et chaussures fermées

La densité de foule fait le bonheur des pickpockets. Sac devant soi, fermeture vers l’intérieur, téléphone au fond d’une poche zippée : les classiques valent ici plus qu’ailleurs. Sortez des espèces avant d’arriver et répartissez l’argent en deux endroits.

Sur l’occasion, le prix annoncé est un point de départ. Marchander est admis, sans insister lourdement et sans discuter un objet à 5 €. Testez l’électronique sur place, vérifiez les fermetures des sacs et l’état des semelles : aucun échange ne sera possible le dimanche suivant. Enfin, mettez des chaussures fermées. Les pavés de la via Portuense ne pardonnent pas les sandales fines.

La porte du XVIIe siècle et les ruelles du Trastevere

Le marché s’adosse à Porta Portese, construite en 1644 pour remplacer l’antique Porta Portuensis, sous le pape Urbain VIII. L’architecte Marcantonio De Rossi signe l’ouvrage, mais Urbain VIII meurt avant l’inauguration : c’est Innocent X qui y appose ses armes. La porte a gardé un air inachevé, avec ses niches vides de part et d’autre de l’arche, ses colonnes qui portent une sorte de balcon, sans tours latérales. Elle ouvre sur la via Portuense, l’ancienne route du port de Rome, à l’embouchure du Tibre.

La via di Porta Portese longe le marché côté fleuve et permet de rejoindre le lungotevere sans retraverser la foule. De l’autre côté, le Trastevere commence au bout du viale. Dix minutes suffisent pour passer des barnums aux ruelles pavées, à la basilique Santa Maria in Trastevere et à ses terrasses. Un café au comptoir, un cornetto, et la matinée se termine dans un quartier qui a retrouvé son calme jusqu’au soir.

Le rendez-vous dominical vient de la fiche du marché sur Turismo Roma, les horaires de l’ordonnance du Municipio Roma XII publiée par Roma Capitale, pages consultées le 21 octobre 2026. Le marché ne se tient que le dimanche.

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