Rome confie la surveillance de passages piétons à des détenus en probation
La mairie de Rome a signé le protocole d’accord « Ruote ferme, pedoni salvi » avec l’association des familles et victimes de la route. Le texte prévoit d’installer aux abords des passages piétons les plus exposés des personnes détenues admises au régime de la mise à l’épreuve, appelées assistenti pedonali.
Soixante participants sont prévus, répartis en deux sessions de trente par an. La police locale assure une journée de formation, suivie d’un test de quinze questions où dix bonnes réponses suffisent à valider l’aptitude. Les intéressés portent un gilet réfléchissant et des leds, sans palette ni pouvoir de police : ils ne règlent pas la circulation et se contentent d’accompagner et de sensibiliser. Les postes seront choisis selon les points noirs relevés par le commandement, avec une attention aux abords des écoles, des tribunaux, des gymnases et des lieux de rassemblement. Les heures effectuées seront enregistrées sur une plateforme électronique consultable par la police municipale. L’accord, d’une durée d’un an et renouvelable, ne coûte rien à la ville. Les récidivistes et les personnes jugées dangereuses sont écartés du dispositif.
Le protocole est signé par la préfecture, la ville métropolitaine, la questure, le commandement provincial des carabiniers, le ministère de la Justice, le tribunal de Rome et l’ordre des avocats. Il répond à un bilan lourd : en 2025, quarante-huit piétons sont morts dans la province de Rome, le chiffre le plus élevé d’Italie, en baisse de 26,2 % sur un an selon les données ACI-Istat.
Ce que cela change sur le terrain
Pour les riverains et les visiteurs, la mesure ajoute des personnes visibles aux carrefours réputés dangereux, sans modifier les règles de circulation. Dans un centre où les rues piétonnes de Rome concentrent déjà l’essentiel des déplacements à pied, l’enjeu reste la traversée des axes ouverts aux voitures.