Les plus belles rues piétonnes de Rome
Rome se visite avant tout à pied. Le centre historique, en grande partie en zone à trafic limité, se découvre rue après rue, entre palais et églises. Voici les plus belles rues piétonnes de Rome pour flâner et shopper.
Le Tridente, le luxe autour de la place d’Espagne
Le Tridente désigne les trois rues qui s’élancent de la piazza del Popolo : la via del Corso au centre, entre la via del Babuino et la via di Ripetta. Le secteur le plus célèbre reste la place d’Espagne, dominée par l’escalier de la Trinité-des-Monts. Ses 135 marches, construites entre 1723 et 1725 sur un projet de Francesco de Sanctis, relient la piazza di Spagna à l’église Trinità dei Monti, tandis que la fontaine de la Barcaccia, œuvre de Pietro Bernini et de son fils Gian Lorenzo, occupe le centre de la place.
Depuis la place, la via Condotti, la via Borgognona et la via Frattina filent en parallèle vers la via del Corso. La via Condotti, entièrement piétonne, est la plus connue : elle doit son nom aux conduits qui alimentaient en eau les thermes d’Agrippa et aligne les vitrines de Gucci, Prada, Bulgari ou Valentino. La via Borgognona et la via Frattina, plus calmes, mêlent couture et enseignes abordables.
Au numéro 86, le Caffè Greco, fondé en 1760, fut le plus ancien café de Rome et le deuxième d’Italie après le Florian de Venise ; Goethe, Stendhal, Liszt et Keats y ont pris place. Il a fermé définitivement en octobre 2025 après un long litige avec le propriétaire des murs. La station de métro Spagna (ligne A) est à deux pas.
Via del Corso, l’axe historique du shopping
Longue d’environ 1,5 kilomètre, la via del Corso relie la piazza del Popolo à la piazza Venezia. C’est l’axe commerçant le plus fréquenté du centre et sa partie nord est piétonne. La rue doit son nom à la corsa dei barberi, la course de chevaux sans cavalier qui animait le carnaval romain à partir du XVe siècle.
En chemin, on croise la colonne de Marc Aurèle, sur la piazza Colonna, et les églises San Marcello al Corso et Gesù e Maria. Côté piazza del Popolo, l’entrée de la rue est encadrée par deux églises baroques jumelles, Santa Maria dei Miracoli et Santa Maria in Montesanto. Le soir, les Romains y pratiquent la passeggiata, cette promenade où l’on voit et où l’on se fait voir.
Le quartier Monti, le charme du vintage
Premier rione de Rome, Monti conserve entre la via Cavour et le Colisée un plan de ruelles médiévales où se sont installés créateurs et artisans. La via del Boschetto, rue piétonne, concentre une densité remarquable de boutiques vintage, de friperies et d’ateliers de couture, loin des artères du luxe.
Le week-end, le Mercato Monti, né en 2009, réunit créateurs et fripiers dans un espace couvert près de la via Leonina. Son organisation a changé plusieurs fois au fil des années, mieux vaut consulter son calendrier avant de vous déplacer. La piazza della Madonna dei Monti, avec ses cafés et sa fontaine, sert de salon au quartier, rejoint à pied depuis la station Cavour de la ligne B.
Campo de’ Fiori, le marché à ciel ouvert
À quelques minutes de la piazza Navona, Campo de’ Fiori accueille le plus ancien marché de Rome. Depuis 1869, le marché alimentaire, transféré de la piazza Navona, s’y tient chaque matin sauf le dimanche : fruits, légumes, fleurs et produits du Latium s’installent sous les étals. Au centre de la place, la statue de Giordano Bruno, érigée en 1889, marque l’endroit où le philosophe fut brûlé vif en 1600.
On y vient le matin pour le marché, le soir pour l’apéritif. Les rues qui rayonnent autour de la place, comme la via dei Giubbonari, ancienne rue des tailleurs, se parcourent sans but précis.
Trastevere, le village de l’autre rive
De l’autre côté du Tibre, le Trastevere garde l’âme d’un village pris dans la ville. Ses ruelles étroites et sinueuses, ses maisons couleur ocre et ses placettes ombragées invitent à la flânerie lente. Au cœur du quartier, la piazza Santa Maria in Trastevere déploie sa fontaine devant l’une des plus anciennes églises de Rome, célèbre pour ses mosaïques dorées.
Le quartier s’anime surtout le soir : autour de la piazza Trilussa, les Romains se retrouvent pour l’apéritif, et les trattorias des ruelles voisines se remplissent à la nuit tombée. Le dimanche matin, le marché aux puces de Porta Portese, à la limite sud du quartier, attire les chineurs dès les premières heures. On y accède à pied depuis le centre par le pont Sisto.
La via dei Fori Imperiali, piétonne le dimanche
Ouverte en 1932 après la démolition d’un quartier entier, la via dei Fori Imperiali file en ligne droite de la piazza Venezia au Colisée sur 850 mètres. Bordée de pins parasols, l’avenue domine les forums de César, d’Auguste, de Nerva et de Trajan, dont les fouilles se poursuivent encore de part et d’autre.
Le trafic automobile y a longtemps menacé les monuments antiques. Depuis 2013, le tronçon sud est fermé aux voitures particulières et, selon le service de mobilité de la ville, la rue devient entièrement piétonne chaque dimanche et jour férié ; le dernier week-end de chaque mois, elle est également fermée dès le samedi. C’est le moment idéal pour admirer le Colisée au bout de l’avenue sans une voiture dans le cadre. On y accède par la station Colosseo de la ligne B.
Prévoyez de bonnes chaussures : Rome se marche sur les sampietrini, ces pavés de basalte typiques. Partez tôt le matin pour profiter des ruelles désertes et gardez la soirée pour les places éclairées.
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