Castel Gandolfo depuis Rome : palais du pape, lac Albano et vieille ville
À une vingtaine de kilomètres au sud-est de Rome, un bourg s’accroche au bord d’un cratère. Castel Gandolfo, dans les Castelli Romani, tient son renom du palais où les papes passaient l’été, mais la commune vaut aussi pour son lac et sa table.
Un bourg posé au bord d’un cratère
Castel Gandolfo compte environ 8 500 habitants, dans la ville métropolitaine de Rome. Le village occupe le flanc occidental du cratère du lac Albano, à un peu plus de 400 mètres d’altitude, une position qui lui vaut son label des plus beaux bourgs d’Italie et, surtout, ses vues plongeantes sur l’eau. Vers 1200, la famille Gandolfi y bâtit un château fort qui donna son nom au lieu.
Le palais du pape, résidence d’été depuis 1626
C’est Urbain VIII, de la famille Barberini, qui choisit Castel Gandolfo comme villégiature estivale à partir de 1626, pour fuir la chaleur romaine. Il confie à Carlo Maderno la transformation de l’ancienne forteresse des Gandolfi et des Savelli, et la villa Barberini voisine est aménagée dans les mêmes années. Le domaine pontifical couvre aujourd’hui 55 hectares, jardins des villas Barberini et Cybo compris, soit davantage que les 44 hectares de la Cité du Vatican. Fermé de 1870 à 1929, pendant la question romaine, le palais retrouve son rôle de résidence d’été et son extraterritorialité avec les accords du Latran. L’Observatoire du Vatican y installe son télescope en 1934, sur les toits. Benoît XVI s’y retire au soir de sa renonciation, le 28 février 2013, avant de rejoindre le Vatican deux mois plus tard. Son successeur François, lui, n’en fait jamais sa résidence d’été : il préfère ouvrir les jardins, puis les appartements, aux visiteurs.
Visiter les villas pontificales
Depuis cette ouverture, l’ensemble est géré par les Musées du Vatican. Le billet « Palais papal et Jardin secret » coûte 12 € au plein tarif et 6 € en tarif réduit (mineurs de 7 à 18 ans, étudiants jusqu’à 25 ans, prêtres et religieux), les moins de 7 ans entrant gratuitement. Il combine les appartements du palais, avec un audioguide, et une partie des jardins. Les jardins de la villa Barberini se parcourent aussi à pied ou à bord d’un véhicule écologique, et les Musées proposent des formules « hors horaires », plus chères, pour de petits groupes. La billetterie se trouve dans le palais, sur la piazza della Libertà ; mieux vaut réserver en ligne. Le tarif famille ne s’achète qu’au guichet. Comptez deux heures et demie.
La vieille ville et la collégiale du Bernin
La piazza della Libertà sert de salon au bourg. Le palais apostolique y dresse sa façade, avec le balcon d’où les papes récitent l’Angélus les dimanches d’été, et la collégiale San Tommaso da Villanova la ferme de son dôme, construit sur les plans du Bernin à partir de 1658 pour Alexandre VII. Autour, ruelles en pente, boutiques, terrasses de café et belvédères qui plongent sur le lac.
Le lac Albano, un cratère plein d’eau
Le lac Albano occupe le fond d’un ancien cratère volcanique, sur 6 km² et jusqu’à 168 mètres de profondeur, à 293 mètres d’altitude. Aucun cours d’eau ne l’alimente ni n’en sort, hormis un émissaire artificiel creusé dès l’Antiquité. Les moteurs y sont interdits, et les Jeux olympiques de Rome de 1960 y ont tenu les épreuves d’aviron et de canoë-kayak. La baignade se pratique depuis des plages de sable volcanique gris foncé, entre plages libres et établissements équipés, mais elle est régulièrement interdite dans certaines zones pour cause d’algues ou de pollution : renseignez-vous avant de descendre, comme le conseille notre guide pour se rafraîchir à Rome.
Manger dans les Castelli Romani
La table locale tient en trois mots : fraschette, porchetta, vin blanc. Les fraschette sont d’anciennes tavernes à vin, signalées autrefois par une branche suspendue, où l’on boit le vin des castelli en pichet avec de quoi manger. La porchetta di Ariccia, cochon entier désossé et farci au romarin, à l’ail et au poivre, cuit au four à bois, porte une indication géographique protégée depuis 2011 et se déguste en sandwich, coupée à la demande. Ajoutez le pain de Genzano et les vins blancs des Castelli Romani, dont le Frascati.
Ariccia, l’étape gourmande
À quelques kilomètres, Ariccia aligne une place, un palais et une église dessinés au XVIIe siècle pour la famille Chigi, le Bernin à la manœuvre. Santa Maria dell’Assunzione reprend en miniature le plan circulaire du Panthéon. Le bourg est aussi connu pour son pont-viaduc du milieu du XIXe siècle, qui franchit la vallée de Vallericcia sur trois rangs d’arches et porte la via Appia Nuova. Les fraschette y sont nombreuses, et la sagra della porchetta s’y tient le premier dimanche de septembre.
Comment aller à Castel Gandolfo depuis Rome
Le train reste le plus simple. Les rames régionales de la ligne Roma-Velletri, au réseau FL4, partent de Roma Termini et s’arrêtent à Castel Gandolfo en 40 à 45 minutes, pour le prix d’un billet régional de quelques euros. Attention, certaines rames ne desservent pas la commune et filent directement à Albano Laziale : vérifiez les horaires avant de monter. La gare se trouve à mi-hauteur, entre le bourg et la rive du lac ; comptez 15 à 20 minutes de marche en montée jusqu’à la piazza della Libertà, ou un bus local. Les autocars Cotral, au départ de la station de métro Anagnina, constituent l’autre solution. Pour les villas pontificales, les Musées du Vatican proposent en outre un train spécial partant de la gare de Roma San Pietro, qui dépose les visiteurs à Castel Gandolfo en fin de matinée.
Conseils pratiques pour la journée
Comptez la journée entière : le bourg, la visite des villas pontificales et un tour au bord du lac se combinent mal en une demi-journée. En été, montez tôt pour la vieille ville, avant que le soleil ne tape sur les façades, puis descendez vers l’eau, où la température est plus douce que dans le bourg. Emportez de bonnes chaussures pour la descente, de l’eau et un maillot, et jetez un œil à l’heure du dernier train avant de vous attarder en terrasse.
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