Monuments de Rome : du Colisée au Vatican

Le Colisée au crépuscule, sa façade de travertin éclairée et l'amphithéâtre vu depuis la place
Photo : Diliff, licence CC BY-SA 2.5 (Wikimedia Commons)

Les neuf étapes de cette sélection occupent le centre de Rome et ses abords immédiats. Les tarifs et les horaires changent avec la saison et les fêtes : les sites officiels les publient.

Le Colisée, le Forum et le Panthéon

Le Colisée

L’amphithéâtre Flavien a été inauguré en 80 après J.-C. sous Titus. Le Parco archeologico del Colosseo le présente comme le plus grand amphithéâtre du monde, avec plus de 50 000 spectateurs dans ses gradins. On voit la façade de travertin et le centre de l’arène, privé de plancher, qui laisse apparaître l’hypogée : un demi-hectare de galeries, 80 monte-charges et 6 mètres d’écart avec le sol de l’arène. Le réseau fut d’abord en bois, puis rebâti en maçonnerie sous Domitien (colosseo.it). Entrée piazza del Colosseo, métro B ; le billet vaut 24 heures pour le Colisée, le Forum et le Palatin, avec un seul passage par site.

Le Forum romain et le Palatin

La vallée du Forum était un marais, drainé à la fin du VIIe siècle avant J.-C. Le site est resté le centre de la vie publique pendant un millénaire, jusqu’à la colonne de Phocas en 608 (colosseo.it). On y voit l’arc de Septime Sévère, dressé en 203 pour ses victoires sur les Parthes, et la basilique de Maxence. Au-dessus, le Palatin garde les cabanes de l’âge du fer et les palais de Domitien, la Domus Flavia pour les réceptions, la Domus Augustana pour la résidence privée. Le mot « palais » vient de Palatium. Entrées via della Salara Vecchia, 5/6, ou via di San Gregorio, 30, métro B.

Le Panthéon

Hadrien a reconstruit le temple entre 118 et 125 après J.-C., à la place de celui élevé par Agrippa en 27 avant J.-C. (Turismo Roma). Le diamètre de la coupole égale la hauteur de l’édifice, un peu plus de 43 mètres, et l’oculus mesure 8,92 mètres. La pluie s’évacue par 22 trous percés dans le dallage. Boniface IV a consacré l’édifice en 609 sous le nom de Santa Maria ad Martyres, ce qui l’a préservé des pillages. Raphaël y est enterré. Piazza della Rotonda, rione Pigna.

Sous les monuments, Rome continue. L’hypogée du Colisée servait de coulisse aux spectacles ; à cinq minutes, San Clemente superpose une église du XIIe siècle, une basilique du IVe siècle et des bâtiments romains du Ier siècle avec un temple de Mithra (basilicasanclemente.com). On descend d’un siècle par palier : les niveaux souterrains de la basilique San Clemente en donnent l’exemple le plus lisible.

Les places et les fontaines du baroque romain

La fontaine de Trevi

Clément XII ouvre un concours en 1732 ; Nicola Salvi l’emporte et Giuseppe Pannini termine la fontaine en 1762 (Sovrintendenza capitolina). Elle sert de bouche terminale à l’Acqua Vergine, aqueduc de 19 avant J.-C. toujours en service. La falaise de travertin s’adosse au palais Poli, avec Océan sur un char en coquille, deux tritons et deux chevaux. Piazza di Trevi, rione Trevi.

La place d’Espagne et la Trinité-des-Monts

L’escalier, construit entre 1723 et 1726 sur un dessin de Francesco De Sanctis, rattrape la pente jusqu’à l’église (Sovrintendenza capitolina). La Trinité-des-Monts a été commencée en 1502 ; sa façade à deux clochers est signée Giacomo Della Porta et Carlo Maderno (Turismo Roma). Au pied, la Barcaccia, taillée en barque, date de 1626-1629. Métro A, Spagna.

La place Navone

La place reprend le tracé du stade de Domitien, bâti en 86 pour les jeux athlétiques ; les vestiges reposent 5 ou 6 mètres sous le dallage actuel (Turismo Roma). La fontaine des Quatre Fleuves, du Bernin, date de 1648-1651 (MiC, vive.cultura.gov.it), avec un obélisque venu du cirque de Maxence. Le Danube, le Gange, le Nil et le Rio de la Plata portent chacun leur attribut. Sant’Agnese in Agone ferme le côté ouest.

Saint-Pierre et le château Saint-Ange, la Rome des papes

La basilique Saint-Pierre

Première pierre le 18 avril 1506, consécration le 18 novembre 1626 : cent vingt ans de chantier (Fabbrica di San Pietro). Michel-Ange a dessiné la coupole, achevée en 1588-1590 par Della Porta et Fontana ; la croix culmine à 133,30 mètres. Devant, la colonnade du Bernin (1656-1667) aligne 284 colonnes et 140 statues de saints (vatican.va). À l’intérieur, la Pietà et le baldaquin. Métro A, Ottaviano.

Le château Saint-Ange

Le château a été élevé au IIe siècle comme mausolée d’Hadrien, qui y fut déposé en 139, dans un tombeau haut de 44 mètres (Soprintendenza). Devenu forteresse papale puis prison, il est musée national depuis 1925. La tradition place ici la vision de Grégoire le Grand en 590 : l’archange Michel rengaine son épée, la peste s’arrête. La rampe hélicoïdale mène aux appartements pontificaux et à la terrasse, face au Tibre. Lungotevere Castello, 50, Borgo.

La villa Borghese, un parc public depuis 1903

Scipion Borghese fait aménager la villa entre 1608 et 1633 ; Flaminio Ponzio puis Giovanni Vasanzio en dessinent les bâtiments. L’État italien l’achète en 1903 pour en faire un parc public (Turismo Roma). Le casino abrite la Galerie Borghese, ses Bernin et ses Caravage. Autour, le jardin du lac, son temple d’Esculape et la piazza di Siena. Entrées piazzale Flaminio ou piazza del Popolo.

Trois jours pour voir l’essentiel

Jour 1 : Colisée, Forum et Palatin, avec le premier créneau. Jour 2 : Panthéon, Trevi, place d’Espagne et Navone, à pied. Jour 3 : Saint-Pierre tôt le matin, puis Saint-Ange par le pont. La villa Borghese tient dans une fin de journée ou un quatrième jour, avec la Galerie sur réservation.

Les billets se prennent sur colosseo.it et museivaticani.va. Les horaires varient selon la saison et les cérémonies ; à vérifier la veille.

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