La terrazza Borromini sur la piazza Navona
Nichée au sommet du palais Pamphilj, la terrazza Borromini regarde la piazza Navona depuis le dernier étage. Ce n’est pas un belvédère public : l’accès passe par le restaurant et le rooftop installés dans le palais, sur réservation. La terrasse domine la fontaine des Quatre Fleuves du Bernin et passe à la hauteur du dôme de Sant’Agnese in Agone. Le palais qui la porte mérite qu’on s’y arrête avant d’y monter.
Un palais bâti pour Innocent X entre 1644 et 1650
Le palais doit sa taille à une élection. En 1644, le cardinal Giambattista Pamphilj devient pape sous le nom d’Innocent X. Sa famille juge la résidence qu’elle occupe au bord de la piazza Navona trop modeste pour son nouveau rang, et lance un chantier plus vaste. L’architecte Girolamo Rainaldi reçoit la commande. Le projet incorpore des maisons voisines, l’ancien palais des Pamphili et le palais Cybo. Carlo Rainaldi, le fils de Girolamo, termine l’essentiel vers 1650. La façade déroule ses fenêtres sur le côté ouest de la place, avec un avant-corps central, un balcon et les armoiries de la famille.
Ce que Borromini a réellement signé dans ce palais
Le nom de la terrasse vient de Francesco Borromini, et le raccourci demande une précision. L’architecte est consulté en 1647. Il propose plusieurs dessins pour la façade, mais la préférence va au projet plus sobre de Rainaldi et ses dessins ne sont pas retenus. Son apport se lit ailleurs : la galerie qui traverse le palais d’un bout à l’autre, éclairée à chaque extrémité par une grande fenêtre serlienne ; le décor de stuc du grand salon ; la voûte de la salle centrale, qu’il fait monter. La terrasse qui porte son nom couronne un palais où son rôle fut réel, sans être celui d’un maître d’œuvre unique.
La galerie de Pierre de Cortone mène jusqu’à Sant’Agnese
Entre 1651 et 1654, Pierre de Cortone peint la voûte de la galerie dessinée par Borromini. Le cycle raconte la vie d’Énée, l’ancêtre légendaire de Rome chez Virgile, dont les Pamphili se disaient les descendants. La galerie se poursuit jusqu’à l’église Sant’Agnese in Agone, que Borromini redessine à partir de 1652. Son dôme et ses deux clochers ferment le côté ouest de la place. Le visiteur qui dîne au dernier étage a donc sous les yeux deux pièces du même chantier familial : le palais d’un côté, l’église de l’autre.
La vue sur la fontaine des Quatre Fleuves
L’intérêt du lieu tient à la hauteur. Au dernier étage, la piazza Navona se lit d’un seul regard. La fontaine des Quatre Fleuves, commandée elle aussi par Innocent X et réalisée par le Bernin entre 1648 et 1651, occupe le centre avec son obélisque de granit. D’en haut, on suit le rocher de travertin, les quatre statues de fleuves couchées au-dessus du bassin et la colombe des Pamphili posée au sommet de l’obélisque. Le regard porte ensuite sur les toits, jusqu’à Saint-Pierre les jours clairs.
Restaurant, rooftop et événements privés au dernier étage
La terrasse n’est pas un point de vue ouvert. Le Brésil y a installé son ambassade en 1920, avant d’acheter le palais en 1960, et les étages supérieurs sont exploités par un restaurant et un hôtel. Le restaurant Terrazza Borromini occupe le quatrième étage, le rooftop La Grande Bellezza le dernier. Les deux servent des menus à la carte. D’après le site officiel, le restaurant sert à midi et le soir, et le rooftop ouvre de midi jusqu’à tard dans la nuit. Les horaires et les tarifs changent : il faut les vérifier sur le site officiel avant de monter. L’adresse est via di Santa Maria dell’Anima 30. Les deux espaces accueillent aussi des réceptions privées, et la terrasse peut être fermée au public certains soirs pour un événement.
Le palais Pamphilj se visite gratuitement le lundi
Pour entrer dans le palais en dehors du restaurant, il existe une autre voie. L’ambassade du Brésil organise des visites guidées gratuites du palais, le lundi à 11 heures et à 15 heures, d’une durée d’environ 40 minutes. Elles se donnent en portugais et en italien, pas en anglais. Les participants se présentent dix minutes avant au bureau d’accueil de l’ambassade, au numéro 10 de la piazza Navona, avec une pièce d’identité. Les places sont mises en ligne sur la page Eventbrite de l’ambassade, et le programme figure sur la page des visites de l’ambassade du Brésil. Cette visite porte sur le palais et ses fresques, pas sur la terrasse.
Comment venir et quand monter
La piazza Navona n’a pas de station de métro. Le centre se traverse à pied, et le cœur piéton de Rome autour de la piazza Navona relie le Panthéon, le Campo de’ Fiori et le corso Vittorio Emanuele II sans qu’on y croise de voiture. Depuis le Campo de’ Fiori, comptez quatre minutes ; depuis le Panthéon, cinq. Pour la vue, la fin d’après-midi reste le meilleur créneau : la lumière tombe sur les façades et sur la fontaine, et la terrasse s’éclaire avant la nuit.
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