Les hébergements insolites à Rome

Colonnade du cloître de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome, avec ses arcs réguliers et son jardin intérieur
Photo : Livioandronico2013, licence CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Rome ne se résume pas à ses hôtels. La Ville éternelle et le Latium qui l’entoure offrent des hébergements atypiques : chambres dans des couvents en activité, palazzos transformés en maisons d’hôtes, cabanes au bord des lacs volcaniques, bungalows de camping face à la mer et fermes de la campagne romaine. Chaque formule a ses contraintes et sa saison.

Qu’appelle-t-on un hébergement insolite ?

La notion reste floue. Pour certains, l’insolite désigne un logement unique installé dans un cadre naturel particulier et reconnu comme gîte ou chambre d’hôtes : cabanes perchées, tipis, yourtes ou roulottes. D’autres y rangent les hôtels à thème et les auberges créatives. À Rome, l’insolite tient moins à la structure qu’à l’histoire du lieu : dormir dans la cellule d’un couvent, dans un palazzo du XVIe siècle ou dans une cabane au bord du lac de Bracciano relève de la même envie.

Pourquoi choisir un hébergement atypique à Rome

Longtemps, l’hébergement n’était qu’un point de repos entre deux visites. Beaucoup de voyageurs cherchent désormais une expérience qui s’ajoute au voyage, un décor qui n’a rien du standard identique d’une ville à l’autre. Ces formules servent aussi le patrimoine : couvents, villas et fermes désertés ont été restaurés pour accueillir des hôtes, et le tourisme finance leur entretien.

Couvents, monastères et maisons religieuses

Rome possède une tradition d’accueil religieux très ancienne. De nombreuses congrégations louent des chambres, sous forme de bed and breakfast, dans des bâtiments toujours en activité, parfois à deux pas du Panthéon ou en plein Trastevere. Le confort est simple, le petit déjeuner italien servi à heure fixe. Le règlement compte : lever matinal, couvre-feu, silence, discrétion. Les tarifs restent mesurés et ces adresses affichent complet plusieurs mois à l’avance : réservez tôt, ou visez des congrégations moins connues.

Palazzos, chambres de charme et vues sur les monuments

Le centre historique regorge de palais anciens convertis en maisons d’hôtes. Les plus spectaculaires occupent les étages nobles d’un palazzo, avec fresques et plafonds à caissons. On y trouve aussi les chambres dont la fenêtre ou la terrasse cadre le Colisée, le Forum ou la coupole de Saint-Pierre : l’argument se paie au prix fort. Attention au vocabulaire : guesthouse, affittacamere et bed and breakfast désignent souvent un appartement découpé en chambres. Pour un budget plus serré, notre liste d’hébergements pas chers à Rome couvre les autres pistes.

Campings, bungalows et villages de vacances du littoral

Entre Ostia, Lido di Ostia et Fregene, campings et villages de vacances alignent bungalows, mobil-homes et emplacements, souvent sous les pins de la pineta de Castel Fusano ou à quelques minutes de la plage. On y dort en famille pour bien moins cher qu’au centre. Tout dépend de l’accès : le train urbain Roma-Lido part de la gare de Porta San Paolo, adossée au métro B à Piramide, et rejoint Lido di Ostia en une quarantaine de minutes, mais les campings sont rarement près des gares. Comptez une haute saison saturée et des services qui ferment hors saison.

Glamping, lacs et Castelli Romani

À une vingtaine de kilomètres au sud-est, les Castelli Romani alignent des villages perchés autour de cratères éteints : Frascati, Castel Gandolfo au-dessus du lac Albano, Nemi, Genzano. L’offre mêle maisons d’hôtes avec vue sur le lac, domaines viticoles et, depuis peu, tentes et lodges de glamping dans les vignes. Au nord-ouest, les lacs de Bracciano et de Martignano forment une autre réserve d’air frais, autour de Bracciano et son château Orsini-Odescalchi, Anguillara Sabazia et Trevignano Romano. La ligne FL3 depuis Roma San Pietro ou Roma Ostiense dessert Bracciano et Anguillara en moins d’une heure. Les trains pour Frascati ou Albano partent de Termini.

Agriturismi et cabanes de la campagne romaine

Le long de la via Appia, dans le parc régional de l’Appia Antica, les agriturismi, ces fermes qui louent des chambres et servent leur propre cuisine, ouvrent une troisième voie. On y dort entre les pins et les vestiges, à quelques kilomètres des catacombes. La formule suppose presque toujours une voiture ou un vélo, les domaines étant dispersés loin des gares. Le Tibre, lui, reste une exception : quelques bateaux amarrés accueillent des hôtes, mais l’hébergement fluvial demeure marginal face aux lacs.

Trois adresses romaines au thème assumé

Quelques établissements poussent le concept jusqu’au bout. Le Comics Guesthouse, au 38 du viale Giulio Cesare, dans le Prati, décore ses chambres de planches de bande dessinée et de statues grandeur nature. L’Hotel Franklin Feel the Sound, au 29 de la via Rodi, est un hôtel à thème musical : vingt-deux chambres insonorisées, chacune classée par genre, avec des caisses claires en guise de tables de chevet. Le Retrome Colosseum Garden, au 47 de la via Marco Aurelio, dans le Celio, décline un style rétro des années 1950 et 1960, à cinq minutes du Colisée. Pour les valeurs sûres du centre, voyez notre sélection des meilleurs hôtels du centro storico.

Réserver malin : transports, taxe de séjour et frais

Quelques réflexes évitent les mauvaises surprises. Privilégiez les quartiers desservis par le métro A et B, qui se croisent à Termini ; les lignes B et B1 desservent le Colisée et l’EUR, et Ostia se gagne par correspondance à Piramide. Rome applique une taxe de séjour communale, le contributo di soggiorno, due par personne et par nuit : de 3 à 10 euros selon la catégorie, avec un plafond de dix nuits et une exonération pour les enfants jusqu’à dix ans. Vérifiez les frais de nettoyage et l’arrivée tardive, fréquents là où la réception n’existe pas, et réservez tôt.

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