Les plus belles églises et basiliques de Rome

La basilique Saint-Pierre et sa coupole vues depuis les quais du Tibre, avec la façade, les statues du couronnement et le pont au premier plan
Photo : Jebulon, licence CC0 (Wikimedia Commons)

Rome compte des centaines d’églises, et l’art religieux s’y découvre à pied, d’une place à l’autre. Quatre basiliques majeures structurent le pèlerinage ; le centre historique, lui, cache des plafonds en trompe-l’œil, des toiles du Caravage et des mosaïques dorées du Moyen Âge.

Les quatre basiliques majeures

Ces quatre édifices abritent un autel papal et une Porte sainte, ouverte aux seuls jubilés. L’entrée y est gratuite.

Saint-Pierre, au Vatican

Élevée sur la tombe de l’apôtre Pierre, c’est la plus grande église du monde. Michel-Ange a dessiné sa coupole, Carlo Maderno la façade de travertin. L’entrée est libre, seule la montée au dôme se paie : comptez une heure pour la Pietà, le baldaquin du Bernin et la nef. Notre guide de la basilique Saint-Pierre décrit le parcours. Horaires et règles d’accès à jour sur vatican.va.

Saint-Jean-de-Latran, la cathédrale de Rome

C’est la cathédrale du diocèse de Rome, l’église du pape : sa cathèdre y est conservée. Fondée au IVe siècle sous Constantin, elle porte le titre de mère et tête de toutes les églises. Borromini a redessiné la nef au XVIIe siècle, la façade du XVIIIe est due à Alessandro Galilei. Notre page Saint-Jean-de-Latran détaille la visite.

Sainte-Marie-Majeure

La légende veut que la basilique soit née d’une neige tombée en plein été, le 5 août. Le bâtiment remonte au Ve siècle, sous Sixte III : sa nef conserve les plus anciennes mosaïques consacrées à la Vierge. Le plafond à caissons dorés et la chapelle Borghese, qui abrite l’icône de la Salus Populi Romani, valent le détour. Le guide de Sainte-Marie-Majeure donne le détail des chapelles.

Saint-Paul-hors-les-Murs

Construite sur la tombe de l’apôtre Paul, sur la via Ostiense, elle est restée hors de l’enceinte. La nef aligne les médaillons des papes, et la tradition veut que la fin du monde survienne quand il n’y aura plus de place pour un nouveau portrait. Le cloître cosmatesque du XIIIe siècle se visite contre un billet. Notre guide dédié à Saint-Paul-hors-les-Murs indique les accès.

Les églises remarquables du centre

Santa Maria in Trastevere

Cette basilique passe pour la plus ancienne église de Rome consacrée à la Vierge, sur un site où une source d’huile aurait jailli. L’abside porte une mosaïque du XIIe siècle où le Christ et sa mère siègent sur un même trône, entre Isaïe et Jérémie ; six scènes de la Vie de la Vierge ont été ajoutées vers 1291 par Pietro Cavallini. Pour la balade, voir Trastevere.

Sant’Ignazio de Loyola

La coupole n’existe pas : Andrea Pozzo a peint dans les années 1680 une voûte entière en trompe-l’œil, avec un ciel qui s’ouvre au-dessus de la nef. Un disque doré, au sol, marque le point de vue exact où l’illusion fonctionne. L’église mérite sa propre page : Sant’Ignazio de Loyola.

Santa Maria della Vittoria

Sur la via XX Settembre, cette église abrite la chapelle Cornaro et sa Transverbération de sainte Thérèse, sculptée par le Bernin entre 1647 et 1652. La sainte renversée sur un nuage et les Cornaro, installés comme dans une loge de théâtre, forment un ensemble spectaculaire.

Basilique Saint-Clément

À deux pas du Colisée, Saint-Clément empile trois niveaux : la basilique du XIIe siècle et sa mosaïque d’abside, une basilique plus ancienne, puis une maison romaine et un mithraeum. La descente se fait avec un billet. Tout est décrit dans notre page basilique Saint-Clément.

Santa Maria del Popolo

À l’angle nord de la piazza del Popolo, Santa Maria del Popolo cache deux toiles du Caravage dans la chapelle Cerasi : la Conversion de saint Paul et la Crucifixion de saint Pierre, peintes vers 1600. Raphaël a dessiné la chapelle Chigi voisine ; voir aussi la piazza del Popolo.

Santa Prassede

À quelques dizaines de mètres de Sainte-Marie-Majeure, Santa Prassede conserve des mosaïques du IXe siècle dues au pape Pascal Ier, dont la chapelle Saint-Zénon, entièrement tapissée de fonds dorés.

San Luigi dei Francesi

Près de la piazza Navona, San Luigi dei Francesi est l’église de la communauté française de Rome depuis la fin du XVIe siècle. La chapelle Contarelli réunit trois toiles du Caravage consacrées à saint Matthieu, dont la Vocation, peinte vers 1600.

San Pietro in Vincoli, le Moïse de Michel-Ange

Dans le rione Monti, à quelques minutes à pied du Colisée, Saint-Pierre-aux-Liens conserve les chaînes de saint Pierre sous son autel. Elle abrite surtout le tombeau définitif de Jules II, dont le Moïse sculpté par Michel-Ange reste la pièce maîtresse. L’entrée est libre, comme dans la plupart des églises de Rome.

Le Gesù, l’église mère des jésuites

À deux pas de la piazza Venezia, l’église du Gesù a été construite à partir de 1568 pour la Compagnie de Jésus, dont elle est l’église mère : son plan a servi de modèle à des centaines d’églises jésuites dans le monde. La châsse de saint Ignace de Loyola se trouve dans la chapelle du transept gauche.

Visiter une église à Rome : ce qu’il faut savoir

L’entrée est gratuite dans la quasi-totalité des églises de Rome. Les billets concernent les annexes : la montée au dôme de Saint-Pierre, le musée et la loggia de Sainte-Marie-Majeure, les fouilles de Saint-Clément, le cloître de Saint-Paul-hors-les-Murs.

La tenue compte : épaules et genoux couverts, une écharpe dans le sac règle la question. Beaucoup d’églises ferment entre midi et 15h, d’où l’intérêt de vérifier les horaires. San Luigi dei Francesi, par exemple, accueille les visiteurs de 9h30 à 12h45 puis de 14h30 à 18h15 en semaine, et le samedi matin de 9h30 à midi.

Arrivez tôt : avant 10h, on visite presque seul les églises du centre, alors que la file de Saint-Pierre s’allonge dès l’ouverture. À l’intérieur, on parle à voix basse et l’on photographie sans flash ; Saint-Clément interdit les photos.

Un itinéraire à pied d’une demi-journée

Quatre églises du centre se relient à pied en une matinée. Départ piazza del Popolo : Santa Maria del Popolo ouvre le programme avec le Caravage. On descend la via del Corso, puis on coupe par la via della Fontanella di Borghese et la via del Leoncino jusqu’à la piazza di San Luigi de’ Francesi, pour les trois toiles de saint Matthieu. La via del Caravita mène en trois minutes à la piazza Sant’Ignazio et à sa voûte peinte. Traversez la piazza Navona, rejoignez le Campo de’ Fiori, puis la piazza Farnese, la via del Mascherone et la via Giulia : la via dei Pettinari conduit au pont Sisto. Sur l’autre rive, la via della Lungaretta mène à la piazza di Santa Maria in Trastevere, où la mosaïque du XIIe siècle ferme la boucle.

Pour les trajets plus longs, le métro et le bus complètent la marche : voir se déplacer à Rome.

En une demi-journée, ce circuit donne un aperçu sérieux de l’art religieux romain. Les basiliques majeures méritent une visite à part, le matin, avec de bonnes chaussures et une écharpe pour les épaules.

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