Villa Doria Pamphilj : le grand parc de Rome
La Villa Doria Pamphilj est le plus grand parc public de Rome : quelque 180 hectares de jardins, de pinèdes et de prairies posés sur les pentes du Janicule, à l’ouest du Tibre. Ancienne résidence de campagne de la famille Pamphilj, elle est devenue l’un des poumons verts de la capitale. On y vient pour marcher à l’ombre des pins parasols, pique-niquer sur les hauteurs et voir Rome s’étendre au coucher du soleil, loin de la foule de la villa Borghèse.
Histoire : d’une vigne romaine au plus grand parc de Rome
Tout commence en 1630, quand la famille Pamphilj achète sur le Janicule, du côté de la via Aurelia Antica, un modeste domaine agricole appelé Villa Vecchia. Sous le pontificat d’Innocent X (1644-1655), ce noyau devient une fastueuse résidence de campagne : le cardinal neveu Camillo Pamphilj fait bâtir le Casino del Bel Respiro et ses jardins, rénover la Villa Vecchia et élever plusieurs grandes fontaines. Trois grands artistes y travaillent : le sculpteur Alessandro Algardi, le peintre Giovan Francesco Grimaldi et Gian Lorenzo Bernini.
Le XVIIIe siècle agrandit le domaine : Gabriele Valvassori redessine le jardin des Cédrats, Francesco Bettini remanie la fontaine du Lys, le canal et le lac. En 1856, le prince Filippo Andrea V Doria Pamphilj achète la villa Corsini, à la porte Saint-Pancrace : c’est le dernier grand agrandissement.
En 1849, les jardins servent d’ultime réduit à la deuxième République romaine face aux troupes françaises. De cette époque datent l’Arco dei Quattro Venti, l’entrée monumentale du parc, et la chapelle funéraire de la famille, bâtie dans le jardin du Théâtre en 1896-1902. La Ville de Rome exproprie à partir de 1939 et l’État achète le noyau d’origine en 1957 ; le parc ouvre ensuite par étapes, la partie ouest en 1965 et la partie est en 1971 (source : sovraintendenzaroma.it).
Le Casino del Bel Respiro, joyau du domaine
Le Casino del Bel Respiro est le palais de fête voulu par les Pamphilj, avec ses jardins en broderie et sa façade maniériste. Il n’est pas un musée : propriété de l’État depuis 1967, il sert de siège de représentation à la Présidence du Conseil des ministres, et le jardin secret qui l’accompagne appartient au même ensemble. Des visites guidées y sont organisées certains jours sur réservation ; les dates n’ayant rien de permanent, vérifiez-les sur sovraintendenzaroma.it ou turismoroma.it avant de compter dessus. Le parc, lui, reste en libre accès tous les jours.
Que voir en se promenant
Le parterre à la française, ses broderies de buis et ses statues de marbre, occupe le cœur monumental de la villa. Les allées symétriques conduisent vers la pinède, où les pins parasols déploient leurs ombrelles. Le lac, remanié au XVIIIe siècle, attire hérons et canards. Ailleurs se succèdent la fontaine du Lys, le jardin du Théâtre, les serres devant la Villa Vecchia et le Casale di Giovio. Au nord, la limite du parc longe la via Aurelia Antica et se confond par endroits avec les arches de l’aqueduc Trajan-Paul.
L’Est monumental et l’Ouest plus sauvage
La via Leone XIII, percée pour les Jeux olympiques de 1960, a coupé le domaine en deux. À l’est se trouve la partie la plus riche en témoignages monumentaux : bâtiments et jardins historiques, fontaines, mobilier de pierre. À l’ouest, le parc devient plus vaste et plus naturel, fait de prairies et de chemins creux, avec les plus beaux panoramas sur la ville.
Informations pratiques : entrées et horaires
Le parc est un espace public de la Ville de Rome, en accès libre et gratuit. Plusieurs entrées permettent d’y pénétrer : largo III Giugno 1849 par la via di San Pancrazio, avec l’Arco dei Quattro Venti comme entrée monumentale, puis via Aurelia Antica, via Leone XIII, largo Martin Luther King, via Vitellia et via della Nocetta. L’adresse de référence reste la via di San Pancrazio, 00152 Roma.
Côté horaires, la Sovrintendenza Capitolina annonce une ouverture « de 7h00 au coucher du soleil ». Roma Capitale précise, dans une information de service actualisée le 11 août 2025 (comune.roma.it), que l’ouverture et la fermeture des portes sont confiées à Risorse per Roma jusqu’au 31 décembre 2027, selon des plages saisonnières : de 6h30 à 8h30 le matin, puis une fermeture enclenchée à partir de 17h00 de novembre à février, de 19h00 en mars, avril, septembre et octobre, et de 20h00 de mai à août. Autrement dit, le parc ferme avec le jour ; l’horaire suivant le coucher du soleil, vérifiez-le la veille sur comune.roma.it.
Pique-nique, jeux et bonnes heures
Comptez une demi-journée pour traverser le parc, deux heures pour le seul secteur oriental. La pelouse, l’ombre des pins et la vue sur les toits en font l’une des meilleures haltes de la ville pour pique-niquer, comme le rappelle notre guide pour pique-niquer à Rome. Les enfants ont leurs aires de jeux sur le viale Selma Lagerlöf et le viale Otto Marzo, le Vivi Bistrot se trouve via Vitellia 102, et les chiens ont leur aire près de la via Leone XIII.
La fin d’après-midi reste le meilleur moment : la lumière descend sur le Janicule et rejoint les grands panoramas réunis dans notre sélection des plus beaux points de vue de Rome. Autre prolongement, la galerie Doria Pamphilj, au cœur du centre historique, permet de voir les collections de la famille après les jardins.
La Villa Doria Pamphilj n’est pas un simple square, c’est une campagne romaine entière aux portes du centre. Pour comparer les deux grandes villas de Rome, notre guide des jardins de la villa Borghèse complète bien la promenade. Réservez-lui une matinée ou une fin de journée : entre les pins, le lac et les vieilles pierres, c’est la Rome verte et discrète que les Romains gardent pour eux.
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