Galerie nationale d'art ancien à Rome

La façade du Palazzo Barberini à Rome, avec son portique en rez-de-chaussée, ses fenêtres à fronton et ses palmiers devant l'entrée
Photo : Gobbler, licence CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

La Galerie nationale d’art ancien ne se visite pas dans un seul bâtiment. Elle occupe deux palais romains que sépare le Tibre, le Palazzo Barberini et le Palazzo Corsini. Un même billet ouvre les deux, et reste valable vingt jours.

Les deux adresses n’ont pas la même atmosphère. Le Palazzo Barberini est un palais baroque du XVIIe siècle, avec des salles immenses et un salon entièrement peint. Le Palazzo Corsini est une galerie du XVIIIe siècle, restée dans son décor, tableaux accrochés du sol au plafond.

Une collection d’État fondée en 1895, répartie entre deux palais depuis 1949

L’histoire commence à Trastevere. En 1883, le prince Tommaso Corsini vend le palais de la via della Lungara et cède la collection familiale au royaume d’Italie. Ce fonds compte parmi ceux qui permettent la naissance de la première galerie nationale italienne. L’institution elle-même est créée en 1895, pour rassembler des peintures venues de collections privées et du Mont-de-piété de Rome. Elle s’installe au Palazzo Corsini.

Le Palazzo Barberini entre dans le domaine de l’État en 1949, et la galerie y ouvre en 1953. Le palais reste longtemps partagé avec le cercle des officiers des forces armées ; il ne revient entièrement au musée qu’en 2006. Les deux palais forment depuis un seul musée, avec une billetterie commune.

Le Palazzo Barberini garde la voûte peinte par Pietro da Cortona

Maffeo Barberini est élu pape en 1623 sous le nom d’Urbain VIII. Deux ans plus tard, il achète pour ses neveux une villa sur le Quirinal, propriété des Sforza, et confie à Carlo Maderno un nouveau palais. Maderno ne démolit pas la villa, il l’englobe dans son projet. Gian Lorenzo Bernini reprend le chantier en 1629, à la mort de Maderno. Francesco Borromini signe l’escalier ovale, dont les marches tournent autour d’une colonnade en hélice éclairée par le haut.

Le grand salon du premier étage porte la fresque de Pietro da Cortona, peinte de 1632 à 1639. Le Triomphe de la Divine Providence transforme la voûte en ciel ouvert, avec des figures en raccourci et les abeilles des Barberini disséminées dans la composition.

Plus loin, la Fornarina de Raphaël, portrait de femme coiffée d’un turban, occupe une salle à part. Judith décapitant Holopherne du Caravage, peinte vers 1599, montre le bras levé, le sang qui gicle sur le drap blanc et la servante Abra qui attend avec son sac. On y voit aussi le portrait d’Henri VIII par Hans Holbein le Jeune, un Narcisse du Caravage, Et in Arcadia ego du Guerchin et la Vierge de Tarquinia de Filippo Lippi.

Le Palazzo Corsini expose le Caravage dans un décor du XVIIIe siècle

Le palais est bâti en 1511 pour le cardinal Raffaele Riario. Entre 1659 et 1689, il sert de résidence à la reine Christine de Suède, convertie au catholicisme et installée à Rome. Elle y tient un cercle intellectuel et y fait aménager ses collections. La famille Corsini n’en devient propriétaire qu’en 1736, après l’élection de Lorenzo Corsini au trône pontifical sous le nom de Clément XII. L’architecte Ferdinando Fuga ajoute alors une aile symétrique, un escalier monumental et une façade unifiée sur la via della Lungara.

L’accrochage suit toujours l’inventaire dressé en 1771, à la mort du cardinal Neri Maria Corsini. Les tableaux se superposent sur plusieurs rangs, comme dans une collection princière du XVIIIe siècle. Le Saint Jean-Baptiste du Caravage, peint vers 1604, y voisine avec le Triptyque du Jugement dernier de Fra Angelico, un Saint Sébastien de Rubens, une Vierge à la crèche de Van Dyck et une Salomé de Guido Reni.

Le jardin dessiné par Fuga est devenu l’Orto Botanico de Rome. Il ne se visite pas avec le billet du musée : c’est un établissement distinct.

La via della Lungara ramène vers le Tibre. Le cœur de Trastevere commence de l’autre côté du boulevard, vers Santa Maria in Trastevere et la piazza Trilussa, à moins de quinze minutes de marche. C’est là que le trapizzino se mange debout, un triangle de pâte à pizza garni d’un plat mijoté.

Le mithraeum du palais se visite le samedi, sur réservation

Sous les abords du palais, un sanctuaire de Mithra a été mis au jour en 1936, pendant la construction d’un immeuble voisin. Il conserve l’une des représentations les plus significatives de la tauroctonie, la scène du sacrifice du taureau par le dieu.

La visite se fait uniquement en groupe guidé, le samedi à 10, 11 et 12 heures, pour 45 minutes et 20 personnes au maximum. Le billet coûte 7 € seul, et il existe un billet combiné avec les collections ; le billet simple ne donne pas accès au musée. D’autres sanctuaires souterrains sont ouverts à Rome : la page sur Rome underground recense les catacombes et les mithraea visitables.

Un billet de 15 euros couvre les deux palais pendant 20 jours

Les deux sites appliquent le même horaire : du mardi au dimanche, de 10 heures à 19 heures. La caisse ferme à 18 heures. Le musée est fermé le lundi, le 25 décembre et le 1er janvier.

Le billet plein coûte 15 € et donne accès aux deux palais pendant 20 jours. Le tarif réduit à 2 € est réservé aux citoyens de l’Union européenne de 18 à 25 ans. L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans, le premier dimanche du mois, ainsi que les 25 avril, 2 juin et 4 novembre. Mieux vaut réserver ces jours-là. Les tarifs et les horaires sont publiés par la galerie.

Le Palazzo Barberini est au 13 via delle Quattro Fontane, à cinq minutes du métro Barberini (ligne A). Le Palazzo Corsini est au 10 via della Lungara, bus 23 et 280.

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