Où aller à Rome pour manger une raclette ? Nos adresses

Demi-meule de raclette sous son appareil, fromage fondu raclé sur les pommes de terre
Photo : Arnaud 25, licence CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

La raclette est un plat de montagne, suisse et savoyard, et il faut le dire franchement : Rome n’est pas une ville de fromage fondu. Ici, le fromage qui compte s’appelle pecorino romano, et il finit râpé sur des pâtes, pas fondu sur des pommes de terre. Les adresses capables de servir une vraie raclette se comptent sur les doigts d’une main, presque toutes tenues par des Français installés dans la capitale, et plusieurs ne la proposent qu’en hiver, parfois sur commande. Voici ce qui est vérifiable aujourd’hui, et par quoi remplacer le plat quand il manque à la carte.

La raclette, un plat de montagne et de saison

La raclette se prépare avec un fromage de vache au lait cru, à pâte pressée non cuite, originaire du Valais suisse : son nom vient du geste du racleur, qui fait couler le fromage fondu sur les pommes de terre. Le Raclette du Valais est protégé par une AOP depuis 2003, le Raclette de Savoie par une IGP depuis 2017. On le mange de novembre à avril, le Valais resserrant même la période de novembre à février.

Rien de tout cela n’appartient à la cuisine romaine, bâtie sur le pecorino, le guanciale et les pâtes, du cacio e pepe à la gricia. Même les trattorias historiques du centre, comme La Carbonara, via Panisperna 214, ouverte depuis 1906, ne construisent pas leur carte autour du fromage à fondre. Hors saison, inutile de traverser la ville pour un plat que presque personne ne prépare.

Où manger une raclette à Rome

Trois adresses vérifiables, plus les soirées d’un club suisse.

Dal Francese all’Alberone, Appio Latino

Au 141 de la via Cesare Baronio, à quelques minutes du métro A Furio Camillo, Nicolas Huberdeau, arrivé des Hautes-Pyrénées, tient depuis fin 2018 un bistrot-bar à vin français d’une trentaine de couverts, à ranger parmi les tables soignées à prix doux. La carte assume ses origines : fromages et charcuteries françaises, croque-monsieur, crêpes, et le soir la raclette avec le fromage fondu à table, aux côtés de la tartiflette savoyarde. Les vins sont exclusivement français. Le lieu est minuscule : réservez, et vérifiez les horaires, les sources divergeant sur les soirs d’ouverture.

La Renardière, Viale Aventino

Ouvert en 2014, ce bistrot français du Viale Aventino 31/33 se trouve entre les stations Circo Massimo et Piramide, à deux pas du siège de la FAO. Nadine Renard et son fils Charly Pierri y défendent une cuisine française de maison, baguettes livrées chaque jour et foie gras préparé sur place. Attention : la raclette ne se commande pas à l’improviste. Elle se prépare sur commande, deux jours à l’avance, et seulement pendant l’hiver. Le reste de la carte reste français : fondue de viande, soufflé au Comté, escargots à la bourguignonne.

Le Carré Français, Prati

Via Vittoria Colonna 30, dans le quartier Prati, cette maison française travaille depuis 2015 avec des produits importés de France, dont la fromagerie Beillevaire. Restaurant, boulangerie, pâtisserie et épicerie fine y cohabitent, et la raclette comme la fondue savoyarde figurent dans l’offre d’hiver, plutôt pour les groupes et les événements, l’étage étant aménagé en salle privée. Au rez-de-chaussée, des fromages français sont vendus à emporter. Un appel avant de venir évite un déplacement inutile.

Les soirées raclette du club suisse

Depuis des années, le Circolo Svizzero di Roma organise des soirées raclette à la Casa Svizzera, via Marcello Malpighi 14, préparées par ses membres sur des appareils à raclette. Les dates de 2026 sont documentées, avec une soirée en février et une autre fin mars ; la réservation par courriel est indispensable. Ce n’est pas un restaurant : on y accède sur inscription, en hiver et au début du printemps.

Les alternatives fromagères

Quand la raclette se dérobe, Rome ne laisse pas les amateurs de fromage les mains vides. Beppe e i suoi formaggi, référence romaine du fromage au lait cru, a quitté le Ghetto : fermée fin décembre 2025, la maison a rouvert le 15 mai 2026 au 22-24 de la via Gallia, à San Giovanni, avec un comptoir d’une centaine de références, une sélection française volontairement restreinte et une cuisine construite autour de ses fromages.

Dans le quartier du Trastevere, l’Antica Caciara Trasteverina, via di San Francesco a Ripa 140A/B, tient depuis 1900 la même boutique de fromages et de salaisons, spécialisée dans le pecorino romano : pas de raclette, mais de quoi comprendre le fromage local. Pour la version italienne du fromage fondu, cherchez la fonduta, préparée à la fontina de la Vallée d’Aoste.

Repères pratiques

  • Saison : novembre à avril. De mai à septembre, considérez la raclette comme absente des cartes et rabattez-vous sur la cuisine romaine, dont nos meilleures adresses bon marché donnent un aperçu.
  • Réservation : les deux bistrots sont petits, et La Renardière exige une commande deux jours à l’avance.
  • Partage : le plat se commande pour deux au minimum. Les portions sont généreuses et le fromage rassasie vite.
  • Accompagnements : pommes de terre, charcuterie, cornichons et petits oignons marinés, comme en Valais.
  • Vin : un blanc sec de Savoie ou un fendant valaisan. Les trois adresses ont une cave française.

En résumé, une raclette à Rome se mérite : deux vraies adresses de bistrot, une maison française qui la réserve à l’hiver et aux groupes, et un club suisse où l’on s’inscrit. Pour le reste du séjour, la table romaine reste difficile à battre.

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