Où manger dans le quartier Monti à Rome
Le rione Monti est le premier des quartiers historiques de Rome, coincé entre le Colisée, la via Cavour et la gare Termini. On y arrive en quelques minutes à pied depuis les Fori Imperiali, et le dépaysement est immédiat : ruelles pavées, façades ocre et tables qui débordent sur la piazza della Madonna dei Monti. Pour qui veut manger romain sans traverser toute la ville, c’est l’un des meilleurs terrains de jeu de la capitale.
Le quartier mélange deux mondes : les trattorias de toujours, qui servent les classiques romains, et une scène plus jeune installée dans les anciennes boutiques, entre burgers, panini, poisson, comptoirs à vin et gelato artisanal.
Un ancien quartier de la Suburra
Le nom vient du Moyen Âge : li monti désignait la vaste zone peu habitée englobant trois des sept collines, l’Esquilino, le Viminale et une partie du Quirinale. Dans l’Antiquité, la partie basse s’appelait la Suburra, un secteur populaire et bruyant, dense en auberges et en lupanars, que l’aménagement des Fori Imperiali a fini par couper de la ville. Après des siècles de vignes et de jardins, la zone se repeuple à partir du XVIIe siècle. Entre 1924 et 1936, le percement de la via dei Fori Imperiali, alors via dell’Impero, rase une partie du quartier du XVIe siècle. Le reste a survécu, et les monticiani, les habitants du rione, ont gardé une identité forte.
Ce que l’on mange à Monti
Quatre pâtes résument le quartier : cacio e pepe, amatriciana, gricia et carbonara, que les Romains défendent sans crème. Le pecorino romano, le guanciale et le poivre trahissent une vraie table romaine, et presque toutes les cartes du rione les alignent.
À côté, Monti cultive la street food. La pizza al taglio se vend au poids dans les boulangeries de la via del Boschetto et de la via dei Serpenti, le supplì se laisse frire au comptoir, et le trapizzino, cône de pâte garni de plats mijotés inventé à Rome en 2008, a essaimé dans tout le centre.
Les trattorias du rione
La Taverna dei Fori Imperiali, au 9 de la via della Madonna dei Monti, est une adresse familiale ouverte depuis 2001 qui sert la carte romaine sans détour. Plus haut, l’Osteria La Carbonara, née au début du XXe siècle dans la via Panisperna, doit son nom à sa première propriétaire, mariée à un marchand de charbon. Pour la pizza romaine cuite au four à bois, la pizzeria Alle Carrette, dans la même rue, est une institution. Et la Trattoria Monti, via San Vito 13a, tenue par la famille Camerucci, sort du répertoire romain : la carte y est d’inspiration marchigiane depuis plus de cinquante ans.
Pauses rapides et adresses repérées
Mizio’s Street Food, via degli Zingari 54a, compose des focaccias à la demande, avec jambon italien, mozzarella et légumes. Le T & C Burger Lab, via Urbana 35, mise sur des burgers à la commande, des frites maison et une bière artisanale, sur place ou à emporter. Fuorinorma, via dei Serpenti 178, à cinquante mètres de la via Cavour, aligne planches de charcuterie et de fromages, panini composés, cannellonis et lasagnes. Perpetual, sur la piazza Iside, penche vers les produits de la mer, et Il Nido del Pettirosso, via Palermo 89, assume un décor rétro et des plats métissés. Près du Colisée, Coming Out, via di San Giovanni in Laterano 8, sert le petit-déjeuner, des plats italiens et des cocktails jusqu’à tard.
Deux adresses sortent des limites du rione, autant le dire. Le Ristorante Sora Lucia, via Rasella 138, appartient au rione Trevi, du côté du Quirinale : cuisine méditerranéenne, gnocchis, bruschettas et tiramisu. Le Streghe, via Tuscolana 643, se trouve bien plus loin, dans le sud-est de la ville, et travaille viandes et pizzas.
Bars à vin, apéritif et gelato
L’apéritif est un sport local : la via Urbana, la via del Boschetto et la via dei Serpenti concentrent les comptoirs où l’on boit un verre de blanc en grignotant. Ai Tre Scalini, bouteillerie installée depuis 1895 au 251 de la via Panisperna, est la figure tutélaire du genre. Urbana 47, via Urbana 47, travaille depuis 2008 les petits producteurs et les produits de saison. À la belle saison, les terrasses de la piazza della Madonna dei Monti, autour de la fontaine des Catéchumènes dessinée en 1589 par Giacomo Della Porta, tiennent lieu de salon à ciel ouvert.
Pour le dessert, deux glaciers ont pignon sur rue : Fatamorgana, piazza degli Zingari, et la Gelateria dell’Angeletto, via dell’Angeletto, qui signale par la couleur de ses spatules les parfums sans lait ni œufs.
Le marché et les rues commerçantes
Le marché couvert du rione occupe le 36 de la via Baccina, dans un bâtiment de 1933 restauré en 1993 : boucherie, poissonnerie, fruits et légumes, laboratoire de pâtes fraîches et quelques objets artisanaux s’y partagent la halle. Autour, la via Baccina, la via del Boschetto, la via dei Serpenti et la via Panisperna forment le triangle le plus agréable du quartier pour flâner.
Comment organiser sa journée gourmande
La recette est simple : visiter le matin le Colisée ou les thermes de Constantin, déjeuner dans une trattoria du rione à l’heure des Romains, puis marcher jusqu’au soir entre les ateliers et les bars à vin. Réservez pour les dîners du week-end, les salles sont petites, et méfiez-vous des menus illustrés en vitrine, qui visent les visiteurs pressés.
Et si vous voulez élargir le terrain, notre sélection des meilleures adresses de pâtes à Rome et celle des pizzas romaines complètent ce panorama du rione.
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