Les meilleures boulangeries de Rome : pizza bianca, forno et maritozzo

Part de pizza al taglio garnie de roquette et de radicchio, posée sur son papier, prête à être mangée debout
Photo : Michael Musto, licence CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

On peut passer des jours à Rome sans pousser la porte d’un forno, ce fournil de quartier où le pain sort à toute heure. Dommage : la pizza bianca chaude, le maritozzo à la crème et le cornetto du matin valent le détour. Voici les meilleures boulangeries de Rome, adresses revérifiées en 2026, avec les mots à connaître et le bon moment pour y entrer.

Forno, panificio, pasticceria : trois mots, trois métiers

L’enseigne dit presque tout. Le forno est le fournil classique : on y cuit le pain, la pizza al taglio et les focacces, vendus à emporter, souvent au poids. Le panificio est la boulangerie au sens strict, celle dont le comptoir tourne autour du pane et de ses formes multiples ; la plupart cuisent aussi pizzas et douceurs. La pasticceria, enfin, est la pâtisserie, gâteaux, biscuits et maritozzi, souvent adossée à un bar pour le petit déjeuner.

En pratique, les frontières s’estompent : le forno vend des biscotti, la pasticceria dépanné le pain. Le réflexe simple : la part à manger sur le pouce se prend au forno, la miche à rapporter au panificio, la douceur à la pasticceria.

La pizza bianca, le casse-croûte préféré des Romains

La pizza bianca est une institution romaine : une pâte rectangulaire, gonflée et croustillante, simplement huilée et salée, cuite en grande plaque puis découpée au ciseau et pesée. On la mange chaude, debout au comptoir ou sur le trottoir, souvent pliée en deux autour d’une tranche de mortadelle : c’est la pizza e mortazza, le déjeuner éclair des employés du centre. La pizza rossa ajoute une fine couche de tomate. Comptez 2 à 4 € la part selon le poids, de quoi déjeuner pour presque rien.

Trois fournils historiques entre Campo de’ Fiori et le Ghetto

L’Antico Forno Roscioli, Via dei Chiavari 34, est le plus célèbre de la ville. La famille tient le four depuis 1972 dans une boutique dont l’ancien four remonte à 1824, et nombre de guides la donnent comme la meilleure pizza bianca de Rome : pâte fine, bords gonflés, croûte qui casse net. Pain, supplì et sandwiches à la mortadelle complètent l’étal. Ouvert de 7 h 30 à 20 h, le comptoir se remplit à l’heure du déjeuner : venez le matin ou après 15 h.

À deux pas, le Forno Campo de’ Fiori (piazza Campo de’ Fiori 22) appartient au décor de la place depuis des générations : pizza bianca et rossa, biscuits au vin, cornetti à la crème qui partent vite. Fermé le dimanche, il coupe en milieu d’après-midi et rouvre vers 16 h 30 pour la deuxième fournée.

Côté Ghetto, l’Antico Forno Urbani veille sur la piazza Costaguti depuis 1927, toujours tenu par la famille Urbani. Les habitués y passent le matin chercher pizzas al taglio, focacces et pains. La fontaine des Tortues est à trente secondes : mangez votre part assis au bord de la vasque.

Esquilino : le pain chez Panella, la crème chez Regoli

Non loin de Santa Maria Maggiore, Panella (Via Merulana 54) est un forno historique fondé en 1929, devenu une institution de l’Esquilino. Le choix de pains impressionne, les pizzas blanches et rouges se coupent à la demande, et le matin, le duo cornetto et espresso s’impose au comptoir. La salle permet de s’asseoir, un luxe pour un fournil.

À quelques rues, la Pasticceria Regoli (Via dello Statuto 60) défend l’autre grande spécialité romaine : le maritozzo, brioche sucrée fendue et garnie de crème fouettée, à croquer au petit déjeuner avec un caffè. La boutique affiche complet dès les premières heures, chacun y commande le sien avec l’assurance de ceux qui en mangent depuis l’enfance. Brioche généreuse : mieux vaut y passer à jeun et garder une bonne marche ensuite pour la faire descendre.

Trastevere : l’odeur de biscuits d’Innocenti

Biscottificio Innocenti, Via della Luce 21, ne paie pas de mine : une petite échoppe familiale dans une rue calme de Trastevere, qui embaume le biscuit dès le trottoir. Biscuits artisanaux sans conservateurs, ciambelline au vin, gâteaux de saison. Ouverte du lundi au samedi de 8 h à 19 h 30, la boutique est une halte parfaite avant une promenade dans les ruelles, et un souvenir comestible à rapporter.

Cornetto et espresso entre Piazza di Spagna et Barberini

Caffè Lembo (Via Francesco Crispi 95), à deux minutes de la Piazza Barberini, est une pâtisserie-bar de quartier qui ouvre dès 6 h en semaine : viennoiseries maison, cappuccino correct, tiramisu préparé chaque matin.

Sur la Via della Croce, Grano, Frutta e Farina (49 A) est plus une épicerie gourmande qu’une boulangerie : pizza al taglio, focacces, sandwiches et douceurs, ouverte de 8 h à 22 h avec quelques tables. Pratique quand la faim vous prend entre la Piazza di Spagna et le Corso.

Les bons réflexes du matin et du portefeuille

Passez le matin : le pain est chaud, les cornetti viennent de sortir, et les boutiques sont calmes avant 10 h. À midi, les files s’allongent devant Roscioli et le Forno Campo de’ Fiori, pleines d’employés pressés. Beaucoup de forni ferment le dimanche, certains le lundi : l’horaire affiché sur la porte évite le déplacement inutile.

Côté budget, la part de pizza se paie 2 à 4 € selon le poids et l’espresso au comptoir autour d’1 € à 1,20 € dans un bar classique, rarement plus. Asseyez-vous et le même café peut tripler : c’est le prix du service, pas celui du grain. Payez d’abord, montrez le ticket au comptoir, savourez debout comme tout le monde. Vous repartirez de Rome avec l’odeur du pain frais en mémoire, et une adresse de plus à recommander autour de vous.

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