La place du Capitole

Pavage en étoile de la place du Capitole à Rome, autour de la statue équestre de Marc Aurèle et devant le Palazzo Senatorio
Photo : Wilfredor, licence CC0 (Wikimedia Commons)

La place du Capitole est un belvédère autant qu’une scène. Sur la plus petite des sept collines de Rome, Michel-Ange a transformé un terrain vague en un décor où le regard est guidé d’un palais à l’autre. On y monte pour la statue de Marc Aurèle, le pavage en étoile et la vue plongeante sur le Forum romain.

Un dessin signé Michel-Ange

Michel-Ange reprend le chantier entre 1534 et 1538, après le sac de Rome de 1527. La place existe déjà : il la redessine entièrement. Les bâtiments en place forment un angle irrégulier, et au lieu de le corriger, il l’accentue. La place devient un trapèze, côté court à l’entrée, côté long au fond, devant le Palazzo Senatorio. En montant la rampe, l’oeil bute sur ce fond, le palais puis la statue au centre. Pour fermer la composition, il ajoute le Palazzo Nuovo, qui masque le flanc médiéval de l’Aracoeli et aligne les façades.

Le pavage en étoile

Au sol court un dessin géant : une étoile à douze branches inscrite dans un ovale, dont les lignes rayent la place autour de la statue. Michel-Ange l’a tracé, mais le pavé n’a été posé qu’en 1940, d’après une gravure du XVIe siècle d’Étienne Dupérac. L’effet est calculé : l’ovale bombé au centre, les rayons qui s’écartent et la perspective du trapèze dilatent un espace qui reste modeste. Le dessin se lit mieux le matin, quand la lumière est rasante.

La statue équestre de Marc Aurèle

Au centre se dresse un cavalier de bronze, l’empereur Marc Aurèle. L’original date de la fin du IIe siècle, vers 176 ou 180 après J.-C., et c’est l’unique statue équestre antique parvenue jusqu’à nous : Rome en comptait vingt-deux à la fin de l’Empire. Elle a survécu au Moyen Âge par erreur : on l’avait prise pour Constantin, le premier empereur chrétien. En 1538, le pape Paul III la fait transférer du Latran vers la colline, et Michel-Ange reçoit l’année suivante la commande du réaménagement. Depuis 1990, l’original est à l’abri dans les musées, dans l’Esedra del Marco Aurelio, une grande salle vitrée du Palazzo dei Conservatori. Sur la place, la copie installée en 1997 est fidèle, mais sans la dorure d’origine.

Les trois palais

Trois palais encadrent la place. Le Palazzo Senatorio, au fond, est le siège de la mairie de Rome ; il repose sur le Tabularium, l’archive d’État de la Rome antique. À droite se trouve le Palazzo dei Conservatori, à gauche le Palazzo Nuovo. Le premier abrite la pinacothèque et les grands bronzes, le second sa collection de sculptures antiques. Ils forment ensemble les musées du Capitole.

La Cordonata et les Dioscures

On accède à la place par la Cordonata, la rampe à marches que Michel-Ange a dessinée pour que les chevaux puissent monter sans glisser. En bas veillent deux lions de pierre venus d’un temple antique ; à mi-pente se dresse la statue de Cola di Rienzo ; tout en haut, deux colosses de marbre, Castor et Pollux, les Dioscures, dominent l’escalier. Ils proviennent d’un temple du Forum consacré aux deux jumeaux. À côté s’ouvre l’escalier raide de l’Aracoeli, qui grimpe vers Santa Maria in Aracoeli.

L’arrière de la place et le belvédère sur le Forum

Derrière le Palazzo Senatorio, la via di San Pietro in Carcere longe le soubassement du Tabularium, cet énorme mur romain élevé en 78 avant J.-C. pour conserver les lois de la cité. La galerie voûtée du Tabularium s’ouvre de plain-pied sur le Forum ; elle se parcourt avec les musées du Capitole. De là, le regard tombe sur l’arc de Septime Sévère, les colonnes du temple de Saturne, et plus loin sur le Colisée et le Palatin, l’un des panoramas les plus célèbres de la ville.

La louve capitoline

La louve qui allaite Romulus et Remus est partout à Rome. Sa plus célèbre effigie, un bronze antique donné au peuple romain en 1471 par le pape Sixte IV, daterait de la première moitié du Ve siècle avant J.-C. Les jumeaux n’ont été ajoutés qu’à la fin du XVe siècle, par un artiste florentin. L’original est conservé au Palazzo dei Conservatori, dans la Sala della Lupa, à l’intérieur des musées du Capitole.

Pratique : accès, durée et billets

La place elle-même est libre d’accès, comme la Cordonata et le belvédère. On y monte depuis la piazza Venezia par la via del Teatro di Marcello, ou depuis le Forum par la via di San Pietro in Carcere. Le métro le plus proche est Colosseo (ligne B), à dix minutes à pied. Comptez 45 minutes pour la place et la vue, deux heures et demie de plus si vous entrez dans les musées. En milieu de journée la place se remplit ; l’ambiance est plus calme à l’ouverture et au crépuscule.

Les musées du Capitole, eux, sont payants. Ils sont ouverts tous les jours de 9h30 à 19h30, avec un dernier accès une heure avant la fermeture, et fermés le 1er mai et le 25 décembre. Hors exposition, l’entrée coûte 15 € en plein tarif et 9,50 € en tarif réduit pour les visiteurs non résidents ; elle est gratuite pour les résidents de Rome et de sa métropole. Ces horaires et ces tarifs évoluent : vérifiez-les sur la page officielle des horaires des musées du Capitole et sur celle des billets, ou sur la fiche de l’office du tourisme de Rome.

Prévoyez une demi-journée si vous ajoutez les musées avant de descendre explorer le Forum. La place elle-même se combine facilement avec le Forum romain et le Vittoriano, à quelques minutes à pied.

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