Pâtisseries de Rome : les meilleures adresses gourmandes

Un maritozzo con la panna, brioche romaine garnie de crème fouettée et saupoudrée de sucre glace
Photo : Giacomo Alessandroni, licence CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

À Rome, la gourmandise est une affaire sérieuse. Dans les pasticcerie du centre, les vitrines débordent de tartelettes, de brioches dorées et de biscuits, tandis que les fours embaument les ruelles dès l’aube. Le rituel du petit déjeuner, un cappuccino et une viennoiserie pris debout au comptoir, rythme les matins des Romains. Première leçon pour le voyageur : la pâtisserie se déguste le matin comme en pause sucrée en fin d’après-midi. Voici les adresses qui comptent.

Le maritozzo con la panna, star de la boulangerie romaine

Le maritozzo est au Romain ce que le croissant est au Parisien, en plus généreux. Ce petit pain brioché, pétri avec de la farine, des œufs, du miel et du beurre, renferme traditionnellement des raisins secs, des pignons et de l’écorce d’orange confite. On le fend et on le garnit de crème fouettée, la panna, ajoutée au dernier moment pour que la brioche reste moelleuse et la crème bien froide. Son nom viendrait de marito, l’époux : autrefois, les fiancés offraient ce pain à leur promise, cachant parfois un anneau dans la pâte. Une coutume dont les traces remonteraient à la Rome antique.

Pour goûter la version de référence, direction la Pasticceria Regoli, tenue par la même famille depuis 1916 au 60, via dello Statuto, dans le quartier de l’Esquilino, à deux pas de la basilique Sainte-Marie-Majeure. La salle est minuscule, la file s’étire souvent sur le trottoir : venez le matin, quand la crème vient d’être montée. Comptez quelques euros la pièce, à déguster sans attendre.

Crostata et gâteau ricotta et viscioles, la tradition du ghetto

La crostata, cette tarte de pâte sablée garnie de confiture et ornée de fines bandes entrecroisées, est l’un des desserts les plus anciens de la péninsule. Les premières recettes écrites remontent au XVe siècle et, en 1570, le cuisinier Bartolomeo Scappi la servait aux banquets de la cour pontificale. À Rome, la version la plus identitaire reste celle du ghetto juif, à base de viscioles, des griottes acidulées mariées à la ricotta.

L’adresse mythique est l’Antico Forno Boccione, au 1, via del Portico d’Ottavia, au cœur de l’ancien ghetto. Ce petit four sans enseigne, célèbre dans toute la ville, prépare une torta ricotta e visciole, un gâteau rustique à la ricotta recouvert de griottes confites. La pâtisserie juive romaine y est à l’honneur, avec ses gâteaux à la ricotta et au chocolat. Les habitués y vont tôt : les portions partent vite.

Le tiramisù, un classique adopté par Rome

Le tiramisù n’est pas né à Rome, mais à Trévise, en Vénétie, où la recette actuelle, faite de mascarpone, de biscuits à la cuillère imbibés de café et de cacao, s’est fixée vers la fin des années 1960. C’est pourtant une enseigne romaine qui l’a popularisé : Pompi, née en 1960 dans le quartier San Giovanni, le décline en portions individuelles à emporter dans de petits pots. Le classique au café et au cacao côtoie des versions à la fraise, à la pistache, à la noisette ou au chocolat.

La boutique d’origine se trouve au 7 b, via Albalonga, au sud de la ville, et d’autres adresses ont ouvert depuis, dont une à deux pas de la place Navone. La salle est souvent bondée, mais la file avance vite : commandez à emporter et dégustez votre pot sur un banc. Les puristes préféreront le tiramisù maison des trattorias, mais Pompi reste une valeur sûre.

Biscuits artisanaux à Trastevere

Les Romains aiment aussi les biscuits secs et les douceurs croustillantes qui accompagnent le café ou un verre de vin doux. Le Biscottificio Innocenti, au 21, via della Luce, à Trastevere, est l’une de ces boutiques d’antan où l’on remplit son sachet au poids. L’atelier familial, actif depuis 1940, aurait d’abord fabriqué des galettes destinées à l’armée avant de se consacrer entièrement aux douceurs. Cantucci aux amandes, tozzetti, meringues, biscuits au chocolat et petits fours y sont préparés de façon artisanale. Prévoyez un grand sac : difficile d’en repartir les mains vides.

Le gelato des glaciers historiques

Le gelato, la glace artisanale italienne, plus dense et moins riche que la crème glacée industrielle, est un autre chapitre de l’histoire sucrée de Rome. La ville garde des glaciers nés à la fin du XIXe siècle, à commencer par Giolitti, fondé en 1890 par Giuseppe et Bernardina Giolitti, qui fournissait alors la maison royale d’Italie. L’établissement, resté familial, occupe le 40, via degli Uffici del Vicario, à deux pas du Panthéon. Ses nombreux parfums, de la pistache aux fruits de saison, en font une étape naturelle après la visite du Panthéon.

Pour bien choisir, privilégiez les glaciers où les bacs sont couverts et les couleurs discrètes, signe de glaces naturelles. Un cornet à deux ou trois boules coûte quelques euros, davantage à table. En été, la file s’allonge mais avance vite.

Conseils pratiques pour une pause sucrée réussie

  • Comptoir ou salle : comme partout en Italie, café, pâtisserie et glace consommés au comptoir (al banco) coûtent nettement moins cher qu’à table (al tavolo).
  • Venez tôt : les Romains achètent leurs douceurs le matin. Avant 10 heures, les files restent raisonnables et les maritozzi viennent d’être garnis.
  • Vérifiez les horaires : beaucoup de boutiques ferment un jour par semaine et adaptent leurs horaires aux saisons. Un coup d’œil à la devanture évite les mauvaises surprises.
  • Pensez à l’emporter : chez Regoli ou Boccione, on achète pour emporter et l’on déguste dehors, sur un banc du quartier.
  • Pensez aussi aux parfums de Sicile : cannoli garnis de ricotta à la minute et granita se trouvent dans plusieurs pâtisseries du centre.
  • Suivez les quartiers : Esquilino, Trastevere, ghetto et centre historique concentrent les meilleures tables, comme le raconte notre guide des quartiers de Rome.

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