Les meilleurs chocolatiers de Rome : nos adresses

Assortiment de pralines et de chocolats fins, noir, au lait et blanc, présentés dans leurs caissettes
Photo : Wilfredor, licence CC0 (Wikimedia Commons)

Le café vole la vedette à Rome, au point qu’on oublie la seconde grande tradition gourmande de la ville : le chocolat. La capitale compte pourtant deux maisons du XIXe siècle, un chocolatier-glacier près de la place d’Espagne et des ateliers récents. Les cinq adresses réunies ici existent toujours. Du gianduiotto historique au chocolat cru végétal, voici où acheter, offrir et goûter le chocolat à Rome.

Une brève histoire du chocolat à Rome

Le cacao arrive en Europe par l’Espagne ; l’Italie le découvre au début du XVIIe siècle, quand le marchand florentin Francesco Carletti rapporte des fèves à la cour des Médicis. Dans la Rome des papes, la boisson gagne les palais et les couvents : les jésuites jugent que la cioccolata ne rompt pas le jeûne du Carême, et elle devient un luxe de table, bue chaude, longtemps avant d’être croquée. Au XIXe siècle, Turin la solidifie : premières tablettes, puis en 1865 la gianduia, mariage de cacao et de noisettes du Piémont. Quand Rome devient capitale en 1870, la cour de Savoie s’y installe et ses chocolatiers suivent, à commencer par Moriondo e Gariglio, fournisseur de la maison royale.

Moriondo e Gariglio, l’histoire derrière le Panthéon

La chocolaterie la plus ancienne de Rome se trouve à deux pas du Panthéon, au 21-22 de la via del Piè di Marmo. L’histoire commence à Turin vers 1850 avec Agostino Moriondo, bientôt associé à Francesco Gariglio : fournisseurs de la maison de Savoie, ils suivent la cour à Rome dans les années 1870, parmi les premiers chocolatiers de la nouvelle capitale. La boutique actuelle, ouverte depuis 1992, garde son décor de marbre et de bois, et l’on y sert gianduiotti, pralines et fruits confits enrobés de chocolat, dans des boîtes à l’ancienne. À noter : elle ferme souvent plusieurs semaines en août, vérifiez avant d’y aller. La visite du Panthéon est l’occasion rêvée d’y passer.

Gay-Odin, la tradition napolitaine à Parioli

Ne cherchez pas Gay-Odin dans le centre historique : la maison, née à Naples à la fin du XIXe siècle, a ouvert sa boutique romaine en 1980, la première hors de Naples et la seule de la capitale. Elle occupe le 9 de la via Antonio Stoppani, à Parioli, desservi par les trams 3 et 19, arrêt viale Rossini. La spécialité s’appelle la foresta : une fine feuille de chocolat pliée à la main pour imiter l’écorce d’un arbre, en noir ou au lait. On y trouve aussi des pralines vendues à la pièce, sans papier, des ghiande, ces glands gaufrés fourrés de gianduia, et une liqueur de chocolat qui fait un cadeau original.

Quetzalcoatl, le chocolatier-glacier près de la place d’Espagne

Le nom évoque le dieu aztèque auquel la légende attribue le don du cacao aux hommes, mais l’atelier est bien romain. Quetzalcoatl travaille au 26 de la via delle Carrozze, une rue calme à deux pas de la place d’Espagne. Sa double casquette en fait une halte pratique, entre chocolatier et glacier, avec des cornets de glace au chocolat qui réconcilient les deux gourmandises. Pralines et ballotins y sont préparés avec soin. Les amateurs de gelato y trouveront un pont naturel avec notre sélection des meilleures glaces de Rome.

Grezzo, le chocolat cru et végétal de Monti

À Rome, les gourmands intolérants au lactose ou au gluten ont longtemps fait grise mine. Grezzo a changé la donne : au 130 de la via Urbana, à Monti, la boutique ne travaille que des ingrédients crus, bio et d’origine végétale, sans gluten ni produits laitiers. Le fondateur revendique le premier laboratoire au monde à réunir pâtisserie, chocolat et glace crus et véganes ; le cacao vient d’Équateur, et l’on repart volontiers avec une tablette, une praline ou une glace au chocolat noir. Une seconde boutique, plus petite, existe sur la piazza Mattei, près de la fontaine des Tortues. Ouvert de midi à 20 h, plus tard les vendredis et samedis.

Pasticceria Bompiani, l’art contemporain à croquer

La Pasticceria Bompiani est une autre planète gourmande. Ouverte en 2009 par Walter Musco, ancien galeriste devenu pâtissier, elle est célèbre pour des gâteaux qui ressemblent à des tableaux : plusieurs créations rendent hommage à Pollock, Fontana ou Burri, et certaines parts semblent trop belles pour être coupées. Rebaptisée Pasticceria Walter Musco en 2021, elle garde son nom historique dans les guides. L’adresse exacte est le 8 du largo Benedetto Bompiani, à Tor Marancia, près de l’EUR : comptez une vingtaine de minutes depuis le centre.

Spécialités à rapporter de Rome

Le chocolat fait un souvenir idéal, à une condition : achetez-le en fin de séjour, car il supporte mal la chaleur. Un ballotin de pralines Gay-Odin, une boîte de gianduiotti de Moriondo e Gariglio ou une tablette de chocolat cru de Grezzo tiennent facilement dans un bagage, surtout emballés pour le voyage ; la liqueur de chocolat se glisse dans le sac avec les provisions. Pour d’autres idées de cadeaux à rapporter de la capitale, lisez notre guide des souvenirs de Rome.

Pâques et Noël, les grandes heures des chocolatiers

La saison des chocolatiers romains commence en décembre, quand les vitrines du centre se couvrent de ballotins et de sujets en chocolat, tandis que les Romains préparent leurs cadeaux, comme le raconte notre guide des courses de Noël à Rome. À Pâques, l’Italie s’offre des uova di cioccolato, ces œufs parfois grands comme des ballons, décorés à la main et cachant une surprise ; chez les artisans de la capitale, la tradition se décline en ballotins raffinés. Ceux qui séjournent à Rome à cette période compléteront avec notre guide de Pâques à Rome.

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