Les sept collines de Rome : lesquelles et comment les visiter
Rome ne s’est pas posée au bord du Tibre par hasard : elle s’est installée sur des hauteurs. Sept buttes de tuf volcanique, séparées par des vallons aujourd’hui comblés, dominent la rive gauche du fleuve. Ce sont les sept collines, qui ont donné son nom à ce domaine.
Quelles sont les sept collines de Rome ?
La liste est fixée depuis l’Antiquité, Cicéron et Plutarque la transmettent déjà : l’Aventin, le Caelius, le Capitole, l’Esquilin, le Palatin, le Quirinal et le Viminal. Toutes sont sur la rive gauche du Tibre, dans les murs de la ville antique, entre 36 et 58 mètres d’altitude.
L’Aventin (Aventino), la colline de la plèbe
46,6 mètres au point haut, devant l’église des Santi Bonifacio e Alessio. La plus isolée des sept, longtemps restée hors du périmètre sacré, elle devint la colline des plébéiens. On y monte pour Santa Sabina, le jardin des Orangers et, piazza dei Cavalieri di Malta, le trou de la serrure qui encadre la coupole de Saint-Pierre. Accès libre.
Le Caelius (Celio), la colline verte
Presque 50 mètres, atteints dans le parc de la Villa Celimontana. Son nom vient de l’Étrusque Caelius Vibenna ; on l’appelait aussi la colline des chênes. Restée résidentielle et cultivée, elle réunit la basilique des Santi Giovanni e Paolo, les Case Romane del Celio, le Clivo di Scauro et son parc public, libre d’accès.
Le Capitole (Campidoglio), la plus petite
48 mètres à l’Arx, l’emplacement de Santa Maria in Aracoeli, mais 36 mètres seulement sur la place dessinée par Michel-Ange à partir de 1536 : la plus basse et la plus petite des sept. La place et la Cordonata sont libres d’accès, les musées du Palazzo Senatorio sont payants.
L’Esquilin (Esquilino), la plus haute
58,3 mètres sur le viale di Monte Oppio : la plus haute et la plus vaste des sept, faite de trois sommets dont l’Oppius, qui a donné son nom au parc du Colle Oppio face au Colisée. C’était la colline des jardins et de la Domus Aurea de Néron. Aujourd’hui : Sainte-Marie-Majeure, San Pietro in Vincoli et le quartier de Monti.
Le Palatin (Palatino), le berceau
51 mètres, mais une position idéale, à pic au-dessus du Tibre. La tradition y place la fondation de Rome et les cabanes de Romulus ; sous l’Empire, la colline devient le quartier des empereurs, avec la Domus Flavia, la Domus Augustana et les jardins Farnèse. Les ruines et le musée du Palatin se visitent avec le billet du Colisée et du Forum romain.
Le Quirinal (Quirinale), la colline du président
Autour de 51 mètres selon les relevés des jardins du palais, jusqu’à 61 mètres pour certains auteurs : la colline porte le palais du Quirinal, résidence officielle du président de la République italienne. La colline portait un temple dédié à Quirinus. On y monte pour la place du Quirinal et ses Dioscures, les Scuderie del Quirinale et les églises baroques des Quattro Fontane.
Le Viminal (Viminale), la colline de la gare
Environ 57 mètres près de la piazza San Bernardo. Coincé entre le Quirinal et l’Esquilin, ce n’est pas le plus étendu des sept, mais le plus fréquenté : la gare Termini occupe son versant est. On y trouve aussi le Teatro dell’Opera, les thermes de Dioclétien et le palais du Viminal.
La légende de la fondation : Romulus, Remus et le sillon
La tradition raconte que Romulus et Remus, jumeaux nés de la vestale Rhea Silvia et du dieu Mars, furent nourris par une louve. Adultes, ils interrogèrent le vol des oiseaux pour savoir qui fonderait la ville : Remus sur l’Aventin, Romulus sur le Palatin. Romulus l’emporta, traça avec une charrue le sillon de l’enceinte, le sulcus primigenius, et donna son nom à la ville.
Cette histoire est une légende, pas un document. La date du 21 avril 753 av. J.-C. vient de l’érudit Varron, et les fouilles du Palatin ont livré des cabanes du VIIIe siècle av. J.-C., mais rien qui évoque les jumeaux : la ville s’est formée par la réunion de hameaux. Le Septimontium, fête de décembre des montani, témoigne de cette phase ancienne : sa liste ne comptait que les hauteurs de trois ensembles, les deux sommets du Palatin, les trois de l’Esquilin, la Velia et le Caelius. Les sept collines canoniques correspondent, elles, à la ville enclose par le mur servien, au IVe siècle av. J.-C.
Ce qui n’est pas une des sept collines
Plusieurs promontoires de Rome n’ont jamais figuré sur la liste. Le Vatican et le Janicule se trouvent sur la rive droite du Tibre, hors du périmètre antique : le Janicule, dont les pentes dépassent 80 mètres, domine la ville, et le Vatican porte Saint-Pierre, mais aucun des deux ne compte parmi les sept collines. Au temps de Constantin, certains les comptaient pourtant dans la liste, en excluant le Quirinal et le Viminal. Le Pincio, au-dessus de la place du Peuple, offre un belvédère célèbre : les Romains l’appelaient la colline des jardins, Collis Hortulorum. Le mont Testaccio n’est pas une colline naturelle, mais une butte de débris d’amphores du port antique. Enfin, le Petit Aventin, excroissance de l’Aventin, est parfois présenté à tort comme une huitième colline.
Un itinéraire à pied, colline par colline
Le Palatin, le Capitole et le Colisée se font sur la même journée. Station de métro Colosseo (ligne B) : entrez au Colisée, montez sur le Palatin, descendez vers le Forum romain, puis terminez au Capitole par la via di San Teodoro et la Cordonata. Comptez une grosse demi-journée.
Deuxième journée, l’Aventin : métro ligne B, station Circo Massimo, puis montée par la via di Santa Sabina, avec le trou de la serrure, le jardin des Orangers et Santa Sabina. Deux à trois heures, avec la descente vers le Testaccio.
Troisième journée : le Caelius depuis Colosseo, l’Esquilin depuis Cavour (ligne B) ou Vittorio Emanuele (ligne A), le Viminal depuis Termini, le Quirinal depuis Repubblica ou Barberini (ligne A). Une demi-journée suffit pour ces quatre collines.
Pratique : accès, billets et bon moment
La ligne B du métro dessert le Colisée, le Palatin, le Caelius et l’Aventin (stations Colosseo, Cavour, Circo Massimo), la ligne A le Quirinal (Repubblica, Barberini) ; les deux se croisent à Termini. De nombreux bus convergent vers la piazza Venezia, au pied du Capitole.
Le parc archéologique du Colisée, qui comprend le Colisée, le Forum romain et le Palatin, se visite avec un billet unique payant, valable 24 heures. Au Capitole, la place est libre d’accès et seuls les musées sont payants. Les églises citées ici sont gratuites, comme le jardin des Orangers et le parc de la Villa Celimontana.
Avril, mai, septembre et octobre sont les mois les plus confortables. En août, évitez de marcher entre 12 h et 16 h et gardez les collines pour la fin de journée : le jardin des Orangers et la Villa Celimontana offrent de l’ombre.
« La ville aux sept collines »
L’expression n’est pas un slogan touristique : dans l’Antiquité, Rome était déjà l’Urbs Septicollis. Elle dit quelque chose de vrai sur une ville née sur des hauteurs faciles à défendre, et reste la meilleure façon de comprendre son plan, fait de buttes, de vallons et de belvédères, comme le suggère notre guide de la première visite à Rome.
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