Trastevere à Rome : restaurants, ruelles et vie nocturne

La mosaïque dorée de l'abside de Santa Maria in Trastevere, avec le couronnement de la Vierge
Photo : NateBergin, licence CC BY 4.0 (Wikimedia Commons)

Le Trastevere s’étend sur la rive droite du Tibre, en face du centre historique de Rome, et les Romains le présentent volontiers comme le quartier le plus vivant de la capitale, surtout à la nuit tombée. Le jour, ses ruelles pavées gardent un air de village avec leurs façades ocre et leurs volets usés. Dès la fin d’après-midi, les trattorias sortent leurs tables et l’animation gagne chaque placette jusqu’à tard dans la nuit. C’est l’un des meilleurs endroits de Rome pour manger et flâner, à condition de savoir où poser son assiette.

Un quartier populaire de l’autre côté du Tibre

Le nom du quartier raconte son histoire : Trastevere vient du latin trans Tiberim, « au-delà du Tibre ». À l’époque républicaine, ce faubourg de la rive étrusque n’était relié à Rome que par le pont Sublicius ; sous Auguste, il fut annexé à la ville pour devenir la quatorzième région de la cité, la Regio XIV Transtiberim.

Au Moyen Âge, le Trastevere est resté un quartier de petites gens, marins, pêcheurs et artisans, traversé de ruelles étroites et irrégulières. Du IXe au milieu du XVIIe siècle, il abrita une importante communauté corse, dont l’église de référence était la basilique San Crisogono. Mal famé dans la première moitié du XXe siècle, il est devenu l’un des quartiers les plus prisés, tout en conservant près du fleuve l’atmosphère d’un quartier authentique.

Deux églises valent le détour. Santa Maria in Trastevere est l’une des plus anciennes de Rome : son premier édifice fut construit sous le pape Calixte Ier au début du IIIe siècle. Reconstruite au XIIe siècle sous Innocent II, elle abrite de somptueuses mosaïques sur fond d’or, dont celle de l’abside représentant le couronnement de la Vierge. La basilique San Crisogono, fondée au IVe siècle et rebâtie au XVIIe siècle pour le cardinal Scipione Borghese sur les plans de Giovanni Battista Soria, a conservé son campanile médiéval. Avec Santa Cecilia, dont les origines remontent au Ve siècle, elles forment un remarquable ensemble paléochrétien.

La piazza Santa Maria et les ruelles typiques

Le cœur du quartier bat autour de la piazza Santa Maria in Trastevere, dominée par la façade de la basilique et son campanile. Au centre trône une fontaine considérée comme la plus ancienne de Rome encore en service : redessinée par Bramante au tournant du XVIe siècle sur une œuvre peut-être d’époque impériale, elle fut déplacée au milieu de la place par Le Bernin en 1658. Les marches de la place servent de banc public à toute heure.

Autour rayonnent les ruelles typiques. La via della Lungaretta, l’une des artères historiques du quartier, concentre boutiques et trattorias, tandis que la via del Moro, toute proche, est l’une des rues les plus animées, avec ses bars à vin et ses tables serrées sous les façades ocre. En s’écartant des axes, on découvre des vicoli calmes, bordés de plantes, d’ateliers d’artisans et de petites places ombragées.

Où manger sans tomber dans les pièges à touristes

Le Trastevere compte des centaines de trattorias et d’osterie, mais toutes ne se valent pas. Les adresses qui affichent des menus avec photos et des serveurs racoleurs, surtout sur les places les plus fréquentées, visent d’abord les visiteurs pressés. Quelques réflexes simples permettent de mieux manger :

  • Vérifiez que la salle est remplie de Romains, surtout le midi en semaine.
  • Privilégiez les trattorias familiales qui changent leur carte selon le marché et proposent des spécialités romaines : cacio e pepe, carbonara, amatriciana, gricia et supplì frits.
  • Méfiez-vous des prix affichés en grosses lettres à la devanture : le couvert (coperto) et le service s’ajoutent souvent à l’addition.
  • Réservez le soir, surtout le week-end : une salle pleine et une courte attente sont souvent de bons signes.

Pour les amateurs, notre guide de la carbonara à Rome recense les adresses où goûter ce grand classique, et celui des meilleures pizzas complète le tableau si vous préférez la pizza romaine, fine et croustillante.

La vie nocturne du Trastevere

Le soir venu, le quartier change de visage. La piazza Trilussa, devant le pont Sisto, se remplit chaque soir, et particulièrement le samedi, de jeunes Romains assis sur les marches ou debout autour des bars. Les ruelles proches de la via del Moro et de la piazza Santa Maria s’animent au son des conversations, et les glaciers restent ouverts tard. Un dîner tardif suivi d’une longue déambulation s’y impose naturellement, dans une ambiance plus détendue que dans le centre historique.

Comment y aller

Le Trastevere n’est pas desservi par le métro, mais il est facile à rejoindre. Le tram 8, pris place de Venise (piazza Venezia), descend vers le quartier puis poursuit vers Monteverde jusqu’au terminus via del Casaletto ; cette ligne a été mise en service en 1998 et prolongée jusqu’à la piazza Venezia en 2013. Le bus H relie quant à lui la gare Termini au Trastevere avant de continuer vers Monteverde. La gare Roma Trastevere, un peu à l’écart, reçoit les trains régionaux de Fiumicino et sert de terminus à la ligne 3 du tram.

À pied, le plus agréable est de traverser le Tibre par le pont Sisto, construit entre 1473 et 1479 sous le pape Sixte IV et réservé aux piétons depuis sa restauration de 2000 : il relie le quartier de Regola et la via Giulia au Trastevere en quelques minutes. Depuis la place Navone, comptez une quinzaine de minutes de marche. Évitez la voiture : les rues sont étroites et le stationnement quasi inexistant.

L’idéal : flâner dans les ruelles en fin de journée, dîner en terrasse, puis prendre un verre sur la piazza Trilussa. La recette romaine la plus simple, et sans doute la plus efficace.

De l’autre côté du Tibre, le quartier de Testaccio, son marché couvert et sa colline de tessons d’amphores prolongent la promenade à une vingtaine de minutes de marche.

Pour continuer

À lire aussi

Tous les guides Restaurant à Rome →